L'immobilier à la campagne ne connaît pas la crise

C’est le fait le plus marquant du côté de l’immobilier pour le moment : la campagne cartonne. La Fédération Royale du Notariat belge vient de sortir son baromètre annuel pour l’année 2020. Voici ce qu’il faut en retenir.

Une maison à la campagne

Christian Mousset est le patron d’une chaîne d’agences immobilières dans les provinces du Brabant wallon, de Namur et de Liège. Nous le rencontrons à l’occasion de l’organisation de visites d’une maison quatre façades, type fermette, sur la commune de Hannut : "Ici, on a mis en vente le bien lundi et dans une heure, on aura à peu près six, sept personnes qui vont venir voir le bien, l’un après l’autre évidemment en respectant les règles du coronavirus, et les gens actuellement veulent changer de leur endroit où ils vivent, principalement en ville, Bruxelles. Beaucoup de Bruxellois viennent ici pour acheter une maison à la campagne."

Exit la ville

La campagne cartonne et les villes sont boudées. Avec plus de nuances, voici les derniers chiffres des transactions immobilières pour l’année 2020 par rapport à 2019 : pratiquement cinq pour cent (-4,8%) de vente en moins à Bruxelles et une augmentation de près d’un pour cent (+ 0,8%) en Wallonie, malgré le contexte de crise. Si on regarde de plus près, en Wallonie, la campagne namuroise enregistre la plus forte hausse (+3,4%) et le Brabant wallon, proche de Bruxelles, enregistre, lui, la plus forte baisse (-8,4%).

Les agences immobilières de Christian Mousset exercent leurs activités précisément dans le Namurois et dans le Brabant wallon. Son patron a bien senti le phénomène de glissement de la demande vers le sud, comme il nous l’explique : "On a une forte demande. A mon avis, par le télétravail, les gens, ça ne les dérange plus d’être à 30, 40 minutes de Bruxelles." L’explication est partagée par la fédération des notaires de Belgique, comme nous l’explique Renaud Grégoire, notaire à Wanze et porte-parole de la Fédération Royale du Notariat belge : "On voit que les mesures de télétravail sont en train de s’installer. On pense quand même que ça va perdurer au-delà de la crise sanitaire que l’on connaît. Et donc, probablement, les gens ne vont pas travailler cinq jours par semaine à domicile, mais probablement deux, trois jours et du coup, les personnes se disent : "Ben moi, si je suis au vert, je préfère, ça ne me dérange pas de faire des navettes un ou deux jours par semaine. Ce n’est pas la même chose que de le faire tous les jours, quoi !""

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Achat maison campagne © Getty Images

Tourisme local

Une seconde cause explique la tendance actuelle. Avec la crise toujours, les vacances à l’étranger sont devenues plus compliquées, comme nous l’explique Renaud Grégoire : "C’est vrai qu’aujourd’hui, les gens se disent : "Plutôt que d’aller acheter une villa au Portugal où je ne sais pas si je pourrai prendre l’avion dans le futur, ben, je vais peut-être trouver quelque chose plus près.""

La demande pour la campagne augmente donc. Le nombre de biens disponibles lui reste limité. Christian Mousset, agent immobilier en provinces du Brabant wallon, de Namur et de Liège le regrette : "Malheureusement, on n’a qu’un acheteur sur une maison, mais oui, il y a clairement des maisons où j’aurais pu vendre à deux ou trois personnes en même temps." En somme, une crise sanitaire n’engendre pas forcément une crise immobilière, bien au contraire pour certains.

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