L'habitat léger : une autre façon de vivre au quotidien

Certains vivent cachés, d'autres exposent fièrement leur originalité. Ils ont adopté la roulotte, la tiny house, la kerterre ou encore la yourte. Leur point commun : un besoin d'habiter léger. Mais cette légèreté est parfois lourde aussi à porter. 

" L'habitat léger, techniquement, n'est pas illégal. Mais il n'y a aucune voie administrative pour l'instant pour l'installer. Ce qui fait que en fonction de l'administration communale, du bourgmestre, de l'échevin de l'urbanisme, on va avoir des réactions diamétralement opposées. C'est un peu le foutoir. Ça devient un vrai parcours du combattant pour vivre en habitat léger, alors qu'on cherchait à vivre de manière un peu plus légère et un peu plus autonome ", explique Vincent du Collectif Halé.

La yourte : écologique et bon marché

Quentin et Emmanuelle, par exemple, ont dû eux, déclarer leur yourte comme cabane de chantier. Ce qu'elle n'est pas du tout, car cette construction est bien leur habitat principal. " Emmanuelle et moi on avait envie de quitter la ville, la yourte est venue un peu par hasard... Pour essayer d'habiter à la campagne, savoir éventuellement faire marche arrière, et finalement on y a pris goût. Ça fait six ans qu'on y est maintenant ", déclare Quentin. Leur yourte a été construite par leurs propres mains. Elle ne fait que treize mètres carrés. " L'espace de vie est relativement petit. C'est le jardin qui est grand. Qui dit habiter léger, dit souvent habiter beaucoup dehors aussi. Le fait de vivre dehors, on apprécie vivre dehors, on apprécie ce que la nature nous offre, et finalement quand on regarde l'empreinte de ce que coûte énergétiquement la construction d'un habitat léger, que ce soit yourte ou autre, on est nettement moindre qu'une construction classique standard ". 

En plus d'être écologique, leur yourte est aussi bon marché. Elle vaut environ 6 000 euros. En général, donc, l'habitat léger ne nécessite pas d'emprunt hypothécaire. " Finalement l'habitat léger permet de s'écarter des banques et d'un monde qui demande énormément de financement et qui laisse au final très peu de liberté. Pour moi une maison, c'est des menottes de la tête aux pieds " nous dit à nouveau Vincent.

Une tiny house de 22 mètres carrés

Jean-Michel, lui, a financé sa tiny house avec ses économies. Elle lui a coûté en matériel 67 000 euros. Conçue et construite entièrement par lui-même, elle est parfaitement équipée. Elle ne fait pourtant que 22 mètres carrés. " Tout caser, ce n'était pas vraiment le défi. Le plus gros défi c'est d'arriver au poids car on est limités à 3,5 tonnes pour justement pouvoir la conduire avec un véhicule avec un permis B ". La surface est limitée et c'est ce qu'il voulait. Vivre dans un espace réduit offre des avantages insoupçonnés. " Je vis entièrement dedans, avec mon fils une semaine sur deux. Ce qui est bien, c'est qu'on est plus en contact avec son fils. On est tout le temps dehors, on essaie de faire les choses au maximum avec sérieux, puisque de toute façon ici il n'y a pratiquement rien à faire. Le nettoyage ça dure une heure, enfin voilà... C'est plus gai de vivre dehors que de vivre dans une maison ".

Sur roue, la tiny house de Jean-Michel n'exige pas de permis. Mais notre témoin suivant, elle, construit à même le sol...  Pour éviter les ennuis avec l'urbanisme, elle préfère donc garder son jardin secret. Elle y construit une kerterre, un habitat léger inspiré probablement des maisons de hobbit. Ces constructions ne nécessitent que de simples matériaux naturels. " J'utilise un mélange de sable et de chaux hydraulique et de l'eau. Je prends des mèches de chanvre, je trempe ça, je mets ça sur le mur et ça suffit " explique Fabienne, future habitante de kerterre. Une fois sa kerterre terminée, Fabienne quittera sa maison en brique, située juste à côté. Elle vivra alors dans dix mètres carrés. " Je pourrai dormir dans mon jardin et je serai protégée. Je pourrai même chauffer et surtout j'ai vraiment envie de mettre mon lit près de la fenêtre. Comme ça, je pourrai voir dehors les jeux de lumière, et être vraiment proche de la terre ".

Une kerterre pour vivre au plus proche de la nature

Pour vivre au cœur de la nature au milieu de son jardin, Fabienne a dépensé environ 3 000 euros de matériaux. " Moi je n'ai pas beaucoup d'argent. Je vis seule, donc pour moi c'est important de pouvoir trouver des matériaux en Belgique, qui sont gratuits, ou de récupération ".

Mais on l'a vu, habiter léger n'est pas toujours une fatalité. C'est de plus en plus souvent un choix, le choix de vivre plus simplement. " Grosso modo, c'est avoir moins de choses, vivre avec un peu moins de moyens et du coup trouver du temps. Ça a l'air bizarre mais il y a un rapport entre la petite taille de l'habitat et le temps qu'on peut développer. Et du coup ça libère du temps pour d'autres choses, pour vivre une vie plus riche en fin de compte " ...

Sujet du 22 octobre (JT 13h):

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