Hausse des empoisonnements par plantes vénéneuses

Hausse des empoisonnements par plantes vénéneuses
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Hausse des empoisonnements par plantes vénéneuses - © Wataru Yanagida - Getty Images

Les beaux jours sont arrivés et les Belges se découvrent une nouvelle passion pour la nature en cette période de confinement. Nous passons plus de temps dans nos jardins ou en promenade, pour notre plus grand bonheur. Mais attention, la vigilance reste de mise, car les plantes qui nous entourent ne sont pas toutes innocentes. En France, une dame âgée de 53 ans est décédée après avoir confondu ail des ours et colchique lors d’une cueillette.

En Belgique, le Centre Antipoisons lance un appel à la vigilance. L’an dernier, plus de 2.500 appels liés aux plantes vénéneuses ont été enregistrés. Il y a eu 2.622 victimes, dont 1.357 enfants, 618 adultes et 647 animaux. Le professeur Dominique Vandijck, directeur général adjoint du Centre Antipoisons, affirme que la tendance est à la hausse cette année.

Pour deux raisons : le beau temps et le confinement. Depuis le début de la crise du Covid-19, près de 10% des appels reçus sont liés aux plantes vénéneuses. En 2019, ça ne représentait que 5%.

Les principaux responsables

En promenade ou tout simplement dans leur jardin, les victimes ont été attirées par les plantes de la famille des morelles, mais aussi par le feuillage de certains légumes comme la pomme de terre, la tomate, l’aubergine et le poivron. Leurs alcaloïdes peuvent, par exemple, provoquer des hallucinations et une accélération du rythme cardiaque lorsqu’ils sont ingérés.

Les ifs sont également très toxiques et même mortelles. " Un quart des victimes sont des animaux. Ils trouvent la plante dans les tontes d’herbe et la mangent ", précise Patrick De Cock, coordinateur de la communication du Centre Antipoisons.

Les plantes de la famille des roses, dont le prunellier, le sorbier et le laurier-cerise font également des victimes, car leurs baies sont toxiques quand elles sont ingérées en grande quantité.

Enfin, les plantes qui provoquent le nombre de victimes le plus élevé sont celles de la famille des liliacées et des arums. Ces dernières provoquent des douleurs souvent infernales.

Retrouvez la liste des plantes toxiques, les symptômes et les recommandations en cliquant ici.

Comment éviter les intoxications ?

Voici quelques conseils :

  • Faites l’inventaire des plantes qui se trouvent dans votre jardin.
  • Si vous achetez de nouvelles plantes, demandez l’aide d’un botaniste.
  • Limitez la plantation et le contact avec les plantes toxiques dans les endroits où les enfants jouent.
  • Lavez-vous toujours les mains après un contact avec une plante potentiellement dangereuse.
  • Si vous êtes en promenade, ne cueillez jamais des plantes pour lesquelles l’identification n’est pas sûre à 100%.

Les plantes toxiques n’ont pas de caractéristiques qui permettent de les classer comme telles. Il faut donc une sacrée expertise.

Une application pour vous guider

PlantNet est en quelque sorte le Shazam des plantes. Cette application permet de les identifier, simplement en les photographiant. Dans la majorité des cas, l’app fonctionne très bien, mais attention, car il y a parfois de petites erreurs. " Certaines plantes sont très semblables. Parfois, les détails de la photo ne sont pas assez visibles pour réellement déterminer la plante. Par ailleurs, PlantNet n’indique pas forcément si la plante est toxique ou non ", explique Joffrey Chalon, chargé de projet à Cuisine Sauvage, une ASBL qui cherche à promouvoir l’usage des plantes sauvages comestibles dans l’alimentation.

Élément rassurant tout de même, sur notre flore belge, 95% des plantes ne sont pas toxiques nous affirme Joffrey Chalon.

 

Le problème, c’est que ces plantes toxiques vivent dans le même milieu que les plantes non toxiques. Par exemple, le muguet est toxique et vit dans le même milieu que l’ail des ours. Il peut donc s’insérer dans un tapis d’ail des ours, sans qu’on le remarque.

Si vous vous lancez dans la cueillette, référez-vous à un spécialiste ou à un bouquin et vérifiez votre cueillette feuille par feuille. Car si vous les ramassez par brassées, il peut toujours y avoir une invitée surprise vénéneuse. Et en cas de doutes, ne consommez pas !

Pour reconnaître la différence entre le muguet et l’ail des ours, c’est par ici.

Que faire en cas d’intoxication ?

La première chose est de garder son calme. " On peut trouver ça bête, mais beaucoup de gens paniquent et la situation devient encore plus grave ", explique Dominique Vandijck. Ensuite, prenez votre téléphone et appelez le centre Antipoisons (070/245.245). À ce moment-là, tout un tas de renseignements vous sera demandé. L’âge, le poids de la victime, la plante responsable de l’intoxication (via une photo si vous ne connaissez pas le nom), le type de contact avec celle-ci, etc. Dominique Vandijck poursuit :

 Toutes ces informations sont cruciales pour nous. Nous pouvons dès lors vous donner les bons conseils ou vous envoyer chez votre médecin ou à l’hôpital si c’est réellement nécessaire.

Ne tombez cependant pas dans la psychose. C’est évidemment choquant d’entendre qu’une personne peut mourir dans son jardin ou en allant faire de la cueillette. " Mais dès le moment où vous êtes capables d’identifier les plantes vénéneuses, il n’y a plus d’erreurs possibles ", conclut Joffrey Chalon.

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