Fracture numérique : moins d'agences et tarifs plus élevés

Les frais bancaires ne cessent d'augmenter ces dernières années. Mais, les plus défavorisé.e.s sont celles et ceux qui n'utilisent pas d'ordinateur ni d'appareil mobile. La "fracture numérique" est d'autant plus présente que le nombre d'agences est en régression constante.

"On n'est pas des pigeons" a rencontré Marianne Cuvelier, une de ces oubliées du numérique.

Pas une fan d'informatique !

Marianne Cuvelier est à la retraite. Elle possède un ordinateur mais elle l'utilise juste pour ses mails et pour le reste ? "Je ne suis pas une fan d'informatique. J'utilisais l'informatique au travail mais à la retraite, terminé ! Vraiment le strict minimum !".

Pour les opérations bancaires, c'est aussi le strict minimum. Elle possède le digipass de sa banque mais il reste dans la boîte : "Je suis un peu récalcitrante. C'est petit. Ce n'est pas fonctionnel. Il faut entrer un code, je pense…".  Alors Marianne a décidé d'encoder ses virements à sa banque, chez bpost Banque... mais voilà, à Thuin, près de son domicile, cette installation a été désactivée. Il y a une solution proposé par l'agent de la poste, sur place: le PC banking ! Oui mais voilà, Marianne n'utilise pas le PC Banking !

"La" solution c'est Pigeons qui la lui propose. En fait, comme a un compte B.Comfort chez bpost banque, elle n'a pas besoin d'encoder ses virements. Elle peut juste déposer la version papier dans une boîte aux lettres au bureau de poste. L'abonnement lui coûte déjà 4 euros 25 par mois et prend en charge le traitement de tous ces virements. Par contre, si elle veut imprimer ses extraits de compte; elle devra aller jusqu'au bureau de poste de Lobbes, à quelques kilomètres de son domicile.

Bpost banque : 45% des machines pas remplacées !

Le mouvement est général dans les banques, les équipements disparaissent.

Chez bpost banque, 400 machines vont être renouvelées mais beaucoup seront supprimées.

Confirmation de Frédéric Jonnart, directeur Marketing chez bpost banque :  "Il y a 45% des machines qui ne seront pas remplacées, grosso modo et comme on s'est focalisé sur celles qui étaient les moins utilisées, cela ne touche que 8 ou 9 pour cent des utilisateurs". C'est donc là où se situe la fracture numérique chez bpost banque : environ 9 pour cent, ce n'est pas négligeable ! 

BNP Paribas Fortis : vilain canard ?

Pour réduire leur coût, les banques ont aussi supprimé des agences.

En 20 ans, plus de 60% des banques ont disparu !

On est passé, en Belgique, d'environ 12.600 agences en 2000 à 4700 agences en 2020.

Par ailleurs, les banques ont aussi augmenté leur tarifs. Selon Anne Fily, coordinatrice de la recherche chez Financité, un réseau qui plaide pour la réduction de la fracture numérique, il y a des banques qui ne font vraiment pas beaucoup d'effort : "Il y a plusieurs vilains canards mais peut-être pourrait-on citer la plus grande banque du pays : BNP Paribas Fortis puisqu'elle n'a fait aucun effort tarifaires vis-à-vis de sa clientèle senior, ce qui n'est pas le cas de Belfius, par exemple ou de KBC pour les virements manuels".

Financité avance même un exemple : chez BNP ParibasFortis, si vous optez pour un compte Comfort Pack, que vous effectuez quatre virements papier par mois et demandez un envoi mensuel d'extrait compte, il vous en coûtera 157 euros par an. Anne Fily : "Pour les clients digitalisés, vous avez accès à des comptes gratuits ou presque gratuits mais pour les personnes qui sont victimes de la fracture numérique, le coût est particulièrement élevé. Donc, il y a une disproportion de traitement dans la clientèle qui est quand même difficile à expliquer".

Nous avons contacté BNP ParibasFortis qui a décliné notre interview télévisée. La banque a cependant répondu à nos questions par mail. Alors que fait BNP Paribas Fortis pour réduire la fracture numérique. ? Réponse : "Depuis quelques années, nous organisons des ateliers digitaux pour aider les clients et les seniors en particulier à se familiariser avec les services et opérations bancaires à distance". C'est une solution mais il y a fort à parier qu'un certain nombre de clients, comme Marianne Cuvelier choisiront plutôt l'option papier. 

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