Faux influenceurs : la chasse est ouverte

Faux influenceurs : la chasse est ouverte
Faux influenceurs : la chasse est ouverte - © JohnnyGreig - Getty Images

Très populaires auprès des jeunes, les influenceurs sont suivis par des milliers, des dizaines voire des centaines de milliers de personnes sur les réseaux sociaux. Mais ils sont progressivement menacés par une concurrence déloyale, trompeuse tant pour les entreprises que pour le grand public. Décryptage.

En Belgique les plus célèbres s’appellent Gui-home, MilkyWaysBlueEyes ou encore Made by F. Ils gagnent leur vie grâce à des partenariats rémunérés avec des entreprises. Celles-ci investissent en moyenne 500 euros pour une photo ou une vidéo mettant en avant leur produit. Et le salaire d’un influenceur peut atteindre les... 5 000 euros par mois!

" C’est une personne qui a de l’influence de par son statut, une valeur ajoutée au niveau de l’expertise sur un sujet spécifique ou large, explique Arnaud Vanhemelryck, expert en marketing digital. Les marques travaillent avec les influenceurs car ils ont une portée et une authenticité importante avec le public cible ".

Publication de contenu au quotidien sur les réseaux sociaux

Pour gagner en popularité, les influenceurs doivent publier du contenu quotidiennement sur les réseaux, et échanger avec leur communauté. Mais depuis peu, le phénomène des faux influenceurs est apparu. Pour gonfler les chiffres, ils trichent et achètent des followers. Progressivement, les vrais influenceurs sont impactés.

" Cela nous pose surtout problème en termes de crédibilité, explique Marie Gourmandise, influenceuse culinaire. C’est vraiment pénible car, quand on démarre, on met du temps à créer la communauté : ce sont des échanges quotidiens, il faut poster des photos, écrire des articles... eux du jour au lendemain, ils achètent des likes, des commentaires, des partages et comme leurs chiffres sont plus élevés, bien qu’ils soient faux, les sociétés pensent que nous, les vrais influenceurs, on a moins d'intérêt ".

J'en ai vraiment marre que des créateurs tout petits soient étouffés par ces mecs qui achètent tout

Les influenceurs sont de plus en plus nombreux à dénoncer ce phénomène. L’appel le plus connu est celui de Guillaume Ruchon, un influenceur renommé suivi par près de 180 000 personnes sur Youtube." Quand vous suivez quelqu’un, c’est parce que vous lui faites confiance, explique-t-il. Créer une communauté est extrêmement long et difficile. Si je fais cette vidéo aujourd’hui, c’est pour vous prévenir : j’en ai vraiment marre que des créateurs tout petits soient étouffés par ces mecs qui achètent tout. Et surtout pour éduquer les agences pour ne pas tuer le métier, car on est en train de buter le métier d’influenceur ".

Mais les influenceurs ne sont pas les seuls impactés par le phénomène. Certaines entreprises sont trompées par ces profils et proposent des partenariats rémunérés aux faux influenceurs.

" Il y en a qui tombent dans le panneau, on essaie de prévenir les entreprises mais celles qui se laissent tromper jettent tout bonnement leur argent par les fenêtres ", explique Marie Gourmandise.

Bref avant de suivre un influenceur mieux vaut vous renseigner. Pour ne pas vous aussi vous faire piéger par ces robots.

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