Fatigué, stressé? Et si vous preniez un bain de forêt?

Prenez-vous parfois des bains de forêt? Marchez-vous pieds nus sur les sentiers? Sentez-vous l'humus entre vos doigts? Et pour conclure la balade, vous arrive-t-il d'enlacer un chêne en guise de salutation? Cette pratique qui peut paraître originale porte un nom : la sylvothérapie et elle est tout doucement en train de faire des adeptes, au même titre que la luminothérapie ou la thalassothérapie...

Car qui dit thérapie dit aussi soigner. Et la sylvothérapie serait extrêmement bénéfique pour l'organisme. Elle permettrait de faire baisser le stress, d'améliorer les syndromes de dépression, elle calmerait l'anxiété et boosterait le système immunitaire.

Immergés dans la nature, nous ressentons intuitivement ces bienfaits mais au Japon, ils font partie intégrante de la médecine préventive et sont même prescrits en cure de quelques jours. Une soixantaine de parcours thérapeutiques sont d'ailleurs aménagés dans l'archipel, les uns plus apaisants, les autres plus stimulants selon les espèces d'arbres en présence.

A force d'être hyperconnectés, nous perdons contact avec la nature

L'homme qui a popularisé cette approche est un médecin, le Pr Qing Li. Depuis la fin des années 80, il étudie l'influence des facteurs environnementaux sur la santé. Il est d'ailleurs convaincu que ces immersions en forêt peuvent avoir un effet préventif sur les cancers. Les effets positifs seraient d'ailleurs perceptibles dès la première demi-heure. Steven Laureys, un neurologue du CHU de Liège qui étudie les effets de la méditation confirme : à force d'être hyperconnectés et sollicités en permanence par des messages psycho toxiques, en habitant en ville, nous perdons de plus en plus le contact avec la nature. Or c'est une évidence, nous en avons besoin; les études l'attestent, nous nous portons mieux quand nous retrouvons ce contact avec la nature : nous sommes moins stressés, moins anxieux voire moins déprimés.

Tout est question de spiritualité et de connexion avec le vivant

En Belgique, rares sont les sylvothérapeutes et celui que nous avons rencontré se définit davantage comme un facilitateur en forêt. Patrice Deguelte est fraîchement reconverti de l'Horeca et il emmène des petits groupes pour des balades de trois heures : " Je ne suis ni un gourou ni un chaman précise-t-il d'emblée, il n'est nullement question de religion ici, tout au plus de spiritualité et de connexion avec le vivant ". Tout au long du parcours, il propose des ateliers qui mettent en branle l'odorat, le toucher, la vue bien sûr; la petite troupe avance dans le calme, s'immerge dans la forêt, exécute quelques exercices avant d'enlacer un arbre. Cette déconnexion apaise les corps et les esprits. Le tout en pleine conscience.

Les uns sont sereins, d'autres émerveillés, voire même émus... Patrice Deguelte recommande trois balades guidées avant de se lancer tout seul et demande 20 euros par séance. Le prix à payer pour se souvenir des choses simples...

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