Facebook: que deviennent nos profils après la mort?

Le réseau social Facebook est peuplé de plus en plus de morts. Selon une étude de Entrustet, trois personnes inscrites sur Facebook meurent chaque minute dans le monde. Certains estiment que ces vies virtuelles doivent perdurer, d'autres veulent fermer les comptes ou les transformer en mémorial. Oui, mais comment faire ? On n'est pas des pigeons vous explique.

Une notification sur l'ordinateur d'Anne un matin la fait frissonner. C'est le jour anniversaire de son papa, Henry Jacobs. Or, il est décédé quelques mois auparavant. Elle envoie un message à Facebook et ne reçoit jamais de réponse en retour. Elle demande à tous ses amis de se retirer de ce compte désormais inactif. Anne aussi. Seuls ses trois petits fils sont encore sur ce compte. En 2011, lors du décès de Henri, Facebook n'avait pas encore prévu cette option. Depuis, il y a plusieurs possibilités, on peut contacter Facebook avec le certificat de décès et normalement Facebook réagit et ferme le compte si on le demande ou on le transforme en compte "in memoriam" sauf si le nom du compte est un pseudonyme alors on ne peut rien faire. Malheureusement Facebook ne répond pas toujours.

Le réseau qui rend immortel

Certains tentent d'effacer les traces virtuelles de leurs défunts, d'autres préfèrent continuer à leur rendre hommage. François a perdu son jeune frère dans des circonstances tragiques il y a deux ans. Depuis son profil Facebook continue de vivre sans lui. ''On garde ce profil actif, c'est comme une pierre tombale virtuelle, cela permet simplement de garder contact. On n'est pas administrateur de son profil, on n'a pas fait la demande à la société en question.''

Tous ces profils inactifs, des algorithmes de Facebook vous demandent sans cesse de les alimenter. Histoire de les faire vivre alors que ces personnes ne sont plus là. Ne vous étonnez pas de recevoir des notifications de ces personnes décédées.

Léguer à un proche

Si maintenant de votre vivant, vous pensez à demain, sachez que Facebook vous propose plusieurs alternatives que Olivier Bogaert, commissaire à la Computer Crime Unit nous explique : ''On peut désormais dans la rubrique 'sécurité' mentionner le nom d'un légataire qui pourra gérer votre compte mais ne pourra pas publier en votre nom. Vous pouvez aussi décider de supprimer le compte définitivement. Mais même en cas de surpression de ce compte Facebook, sachez que sur internet on ne meurt jamais, on laisse toujours des traces."

Inclure dans le testament

De plus en plus de notaires estiment que nous devons planifier cette gestion de nos informations digitales dans notre succession, et prendre des dispositions.

Laisser à nos héritiers les informations nécessaires (fournisseur- identifiant-mot de passe) ou indiquer dans notre testament, une clause écrite concernant tous nos comptes virtuels Facebook mais aussi Twitter, nos iCloud, comptes bancaires. Que nos dernières volontés soient respectées car en cas de conflit dans une famille, certaines informations personnelles pourraient créer la zizanie.

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