En pleine tempête covid, des artistes débarquent là où on ne les attendait pas

En pleine tempête covid, des artistes débarquent là où on ne les attendait pas
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En pleine tempête covid, des artistes débarquent là où on ne les attendait pas - © Inti St Clair - Getty Images/Tetra images RF

Les initiatives se multiplient pour donner un petit coup de pouce au monde culturel. Nous vous en relatons deux très originales. L’idée est à peu près à chaque fois la même.

Si le public ne peut se retrouver autour des artistes, les artistes iront vers leur public dans des espaces... publics, justement et à point nommés !

Une galerie d’art à ciel ouvert de la taille d’une ville

C’est la ville de Couvin, et plus particulièrement son centre culturel, le Centre Culturel Christian Colle de Couvin (CCCCC) qui a lancé l’idée : une expo en rue.

L’occasion est de prouver que l’art et la culture n’ont pas été dévorés par le " méchant ", en offrant aux habitants de l’entité l’occasion de se balader dans une galerie à ciel ouvert, de quoi mettre de la couleur dans les cœurs.

A partir du 30 mai et pour un mois, des artistes de différentes disciplines pourront exposer leurs œuvres dans des vitrines mises à leur disposition par des commerçants. L’initiative a rapidement rencontré un vif succès auprès des artistes régionaux. " On a eu des demandes de tout un tas d’artistes, pas que ceux issus des ateliers du centre culturel, mais aussi de l’extérieur. On a des photographes et des peintres principalement. " témoigne Frédéric Balzac, animateur au CCCCC. Une vingtaine d’artistes, une trentaine à terme, exposeront une moyenne de cinq œuvres dans une trentaine de vitrines de la ville. Ces nouveaux espaces culturels seront visibles depuis le trottoir par tous et gratuitement.

Pour respecter les règles sanitaires actuellement en vigueur, il faut éviter que le public ne se regroupe dans des endroits fermés. " Les conditions, c’est évidemment de ne pas inciter les gens à rentrer dans le commerce s’ils n’ont pas à y être pour des achats. Ce qui n’empêche pas, à plus ou moins longue échéance, aux gens de découvrir le commerce par après évidemment. " poursuit Frédéric Balzac.

Pour embellir la ville et le plaisir d’exposer

L’initiative vise à rencontrer différents objectifs, que nous détaille l’animateur du centre culturel : " C’est vraiment pour mettre en valeur les artistes. Pour le plaisir et pour faire visiter les commerces, les artistes peuvent vendre. S’il y a des propositions d’achat, il n’y a aucun problème. Mais ce qui intéresse les artistes avant tout, c’est vraiment l’idée d’exposer et d’être en collaboration avec les commerçants, que ce soit quelque chose de positif. "

L’expérience, pressent-on à Couvin, pourrait se prolonger au-delà de la crise pour devenir un évènement récurrent.

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Un cirque sur un parking au pied d’un immeuble

La Roseraie à Uccle est connue pour ses spécialités : le théâtre de rue, le cirque et le théâtre forain.

En temps normal, cette asbl met à disposition des artistes des salles de répétition, une salle de spectacle et un chapiteau. Elle coordonne par la même occasion une programmation. Depuis deux mois, tout est au point mort et aucune date de reprise n’est encore fixée.

Devant ce désolant constat, la directrice de la Roseraie, Emma Van Overschelde a eu cette brillante idée

Comme le public ne peut plus venir dans les salles, je me suis dit que ce serait chouette d’aller chez le public ! L’idée c'était de faire un spectacle de cirque au pied d’un immeuble pour que le public le voit de chez lui.

 La première expérience fut un succès ! Le spectacle s’est déroulé mercredi dernier devant un immeuble comble. " C’était fantastique. Tous les gens de l’immeuble étaient à leur balcon. J’étais allée mettre des petits mots dans leur boîte aux lettres deux jours avant pour les prévenir. Et puis, il y a quelques autres habitants, qui n’ont pas de vue sur le parking où on a fait ça, qui sont venus à distance pour voir le spectacle et les gens étaient vraiment ravis. C’était un spectacle spectaculaire de circassiens qui font de la bascule. Ça se prêtait assez bien car ils font de la bascule où ils sautent assez haut. C’est chouette pour les gens qui sont au balcon de voir les artistes qui montent presque jusqu’à leur balcon. "  témoigne Emma Van Overschelde. Le public ce jour-là est composé de gens confinés chez eux depuis des semaines, pour la plupart des personnes âgées qui ne sortent pas beaucoup, voire plus du tout, encore moins en ces temps de crise. " Les gens qui ont vu le spectacle ne seraient peut-être pas venus voir un spectacle chez nous. Là, avec ce que l’on a fait, on est allé chercher les gens là où ils sont. C’est un accès à la culture beaucoup plus immédiat, évidemment quand c’est au pied de votre immeuble, devant chez vous. "

La rue aux artistes ou les artistes à la rue

Soutenir financièrement les artistes, c’est l’un des deux objectifs poursuivis par la Roseraie en organisant des spectacles en rue.

Certains artistes ne sont pas loin d'une grande précarité !

L’idée avec ce spectacle est en effet bien de payer les artistes. La première représentation a été financée avec les fonds propres de l’asbl La Roseraie. Sa directrice insiste sur l’importance de cet objectif de la rémunération : " Soutenir les artistes qui pâtissent quand même fort de cette crise sanitaire pour le moment. Puisque tout est annulé en Belgique et à l’étranger pour eux. Certains artistes professionnels n’ont rien, même pas le chômage. Il y en a qui ont le statut d’artiste mais le statut d’artiste, c’est un statut très précaire. Malgré ce statut, certains ne touchent que 700 euros par mois. "

D’autres représentations au pied d’un immeuble ou dans des lieux publics sont envisagées, mais le financement reste encore à trouver. En rue, les rentrées de la billetterie, il faut malheureusement les oublier.

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