E-cigarettes : des produits dangereux dans les e-liquides

Une étude de Sciensano, l’Institut de santé publique, le démontre : des produits contenus dans certains e-liquides de cigarettes électroniques sont potentiellement et même carrément dangereux pour la santé. Pourtant, les producteurs ne sont pas toujours obligés de déclarer les composants de ces produits aux autorités publiques. Mais cela va changer ….  

Certains produits peuvent être génotoxiques.

Certains fumeurs de cigarettes électroniques se sont découverts une passion pour les parfums. Et il y en a pour tous les goûts : framboise, vanille, menthe. Le choix est presque sans limite. Mais ces arômes présents dans les e-liquides, s'ils peuvent séduire les papilles, peuvent aussi être dangereux. Il peuvent être génétoxiques ! C'est une découverte de Sciensano, l'Institut de santé publique.

Mais c'est quoi "génotoxique" ?

C’est une indication que cela pourrait être dangereux pour la santé !

Explication de Sophia Barhadi, chercheuse à Sciensano : " C’est une indication que cela pourrait être mutagène ou cancérigène et donc potentiellement dangereux pour la santé ".

La chercheuse a ainsi débusqué quatre substances chimiques très préoccupantes : l'estragol, l'actéyfurane, le furanéol et le safrole .... et pour le safrole, c'est clair c'est vraiment dangereux pour la santé, confirme-t-elle : " Le safrole est un composé cancérigène, ce qui veut dire qu’il peut provoquer, sous certaines concentrations, des tumeurs cancéreuses. Ce produit est interdit dans les aliments et les cosmétiques, sous certaines concentrations, et dans les e-liquides, il est de toute façon, interdit ". 

Pas de notification pour les e-liquides sans nicotine

Le safrole est donc interdit mais il n’est pas nécessairement connu et répertorié par les autorités publiques. Sur ce coup, le SPF Santé publique est en quelque sorte aveugle mais, pas tout le temps, comme le précise Mathieu Capouet, expert tabac et e-cigarette au SPF Santé publique : " Pour les produits nicotinés, il y a un système de notification obligatoire, c’est-à-dire que les fabricants doivent communiquer aux autorités publiques, l’ensemble des quantités et des ingrédients qui se retrouvent dans les produits. Pour les produits non nicotinés, il n’y a pas encore d’obligation de notification actuellement. "

La loi va changer

Les fabricants ne sont donc pas obligés de déclarer les composants d' e-liquides s'ils ne contiennent pas de nicotine. La législation ne le prévoit pas. Incroyable ! Mais ça va changer.

Mathieu Capouet : " L’expérience montre qu’il pourrait être utile d’avoir, à côté de la base de données qui concerne les produits nicotinés, une base de données qui concerne aussi les produits non nicotinés. C’est la raison pour laquelle il y a un arrêté royal qui est en cours de préparation pour corriger ce fait. Et cet arrêté royal est en cours de discussion au sein d’un groupe de travail du Conseil Supérieur de la Santé ".

Voilà qui permettra aux autorités d'en savoir plus - enfin - sur les différents produits présents dans les e-liquides non nicotinés et de pouvoir intervenir, si nécessaire

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