Du poisson, oui, mais riche en Omega 3

Médecins et publicités sont d’accord sur un point: le poisson c'est bon pour la santé. C'est vrai, les poissons nous apportent des Omega 3, essentiels pour le bon fonctionnement de nos neurones. Mais tous les poissons sont-ils riches en Omega 3?

Pour le savoir, nous nous rendons chez un fournisseur, à la fois pour restaurateurs et particuliers. Face à un beau comptoir couvert de poissons de toutes les tailles, la vendeuse nous pointe des tranches de saumon, du thon et des maquereaux. Il s’agit de poissons gras particulièrement riches en omega 3. Cependant, elle nous indique aussi quelques poissons blancs, pas spécialement gras comme la sole ou le merlan.

Pour en avoir le cœur net, nous nous rendons à la faculté de biosciences de l’UCL. Nous avons rendez-vous avec Yvan Larondelle, bioingénieur et spécialiste en nutrition. Il nous confirme que les poissons gras sont effectivement les plus riches en Omega 3. Cependant, il nous conseille de plutôt consommer des petits poissons gras tels que des harengs, sardines, anchois, maquereaux au lieu des gros poissons. La raison en est simple: le gros poisson avale les petits et accumule avec le temps tous les polluants de nos océans (métaux lourds, mercure, PCB) que les petits poissons, eux, n’ont pas le temps d’assimiler.

Mais aujourd'hui à peu près la moitié des poissons dont nous nous nourrissons ne sont plus pêchés en mer mais élevés en aquaculture. Nous sommes près de Libramont sur un site classé Natura 2000. C'est ici que Francis Dupont élève ses truites. Ses truites se nourrissent de ce qu'elles trouvent dans et au-dessus de l'étang mais aussi de farines alimentaires. Francis n’a aucun secret pour nous. Il nous dévoile la composition de ses farines: à peu près 50% de farines et d’huile de poissons, 50% de farines végétales.

Selon Yvan Larondelle, ce n’est déjà pas si mal car, le plus souvent, les farines alimentaires pour aquaculture ne contiennent qu’un infime pourcentage d’huile de poissons. Problème: le poisson est ce dont il se nourrit. Les poissons en mer se nourrissent de planctons et de phytoplanctons riches en omega 3. Les poissons d’élevage pour avoir ces oméga 3, doivent avaler les petits poissons qui se nourrissent de planctons.

Mais que se passe-t-il lorsque les poissons sont nourris d’autres graisses? Dans une aquaculture de pangasius au Vietnam, les poissons reçoivent des farines alimentaires réalisées à base d’huile de palme. Résultat, selon Yvan Larondelle notre spécialiste de l’UCL, non seulement ils ne contiennent pas d’Omega 3 mais ils sont riches en mauvaises graisses, des acides gras saturés.

Nourrir les poissons d’aquacultures à base de farines de petits poissons n’est cependant pas une solution durable à l’avenir. Nous vidons les océans des petits poissons dont nous devrions nous nourrir.

Une solution à l’avenir? L’huile de lin. Les salmonidés (saumon, truites etc...) l’assimilent et la transforment en omega 3 dans leur chair.

Le poisson est définitivement ce dont il se nourrit. Si nous voulons un poisson riche en omega 3, nous devons donc choisir un poisson gras mais bien nourri.

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