Du plastique dans des burgers végétariens? Histoire d'un rappel de produits

L’information est tombée via les sites de presse en ligne ce mardi 13 mars en début d’après-midi: l'entreprise "La vie est belle" rappelle certains de ses produits à cause d'une présence possible de plastique. "La vie est belle" est une société, située en Flandre, à Oostkamp, spécialisée dans la fabrication de burgers végétariens. Elle vend ses produits sous sa marque propre mais aussi pour la gamme Delhaize bio et chez Bio-planet.

C’est le matin de ce mardi 13 mars que le problème a été découvert dans les ateliers de production: une pièce de plastique pointue retrouvée dans des oignons surgelés intégrés à plusieurs préparations.

Rapide décision de rappel

Après avoir consulté l'Afsca et par mesure de précaution, la production est arrêtée. "La vie est belle" décide alors de lancer un rappel des produits pour lesquels les oignons incriminés ont été utilisés et où il y a donc un risque potentiel de présence de plastique. Les points de vente sont prévenus par mail via les grossistes: ils reçoivent un document qui reprend les noms des produits et les dates de péremption. Parmi ceux-ci notamment des "burgers aux noisettes", des "croquettes de fromage" et des "burgers d’hiver".

Petit coup de sonde interpellant

Le même jour, mardi 13 mars, quelques heures après l'annonce du rappel, nous faisons un coup de sonde dans plusieurs points de vente de ces burgers. Nous allons vérifier si l’information est bien arrivée dans quatre magasins choisis au hasard. Et dans trois points de vente, aucune trace des produits rappelés… Dans un de ces magasins, Autre CHOSE à Rixensart, un document est déjà d’ailleurs affiché dans le rayon, Eric Van Essche le gérant, explique: "Un mail est arrivé ce mardi matin à la première heure, ils ont décrit les lots, on a vérifié ce qu’on avait en magasin et on les a retirés du rayon, puis on a affiché pour que les clients qui en ont achetés puissent éventuellement les ramener".

Mais si dans ces commerces, le rappel est suivi d’effet, en revanche dans le quatrième magasin visité des "croquettes de fromage" et des "burgers d’hiver" n'ont pas été retirés.

Toujours en rayon 48 heures plus tard...

Le lendemain de l’annonce, mercredi 14 mars, le rappel apparaît aussi en détails sur le site de l'Afsca, avec les noms des produits concernés et leurs dates de péremption, mais dans notre magasin, ce jour-là, les burgers incriminés "croquettes de fromage" et "burgers d’hiver" sont pourtant toujours en vente...

Et 48 heures plus tard, jeudi 15 mars, des burgers qui auraient dû être retirés de la vente sont toujours en rayon.

Nous prenons alors contact avec le magasin en question et c'est finalement grâce à notre démarche que les gérantes du commerce prennent connaissance de ce rappel de produits ! Elles nous expliquent qu'à "la suite d’un problème informatique, elles n'ont pas reçu le mail du grossiste annonçant le rappel, et donc dans ce magasin là en particulier, les produits n’ont pas été retirés à temps, mais que le nécessaire allait être fait..."

Un contrôle dans les magasins ?

Ce couac dans la communication n’aura pas de conséquences mais il pose la question du suivi de ces rappels… A chaque rappel de produits, l’Afsca n’a pas les moyens d’envoyer un inspecteur pour contrôler chaque point de vente le jour même mais des vérifications peuvent avoir lieu par la suite. Etienne Van Essche, gérant d’Autre CHOSE, confirme : "l’Afsca nous demande de garder les documents qui montrent les mouvements de stock, on a un logiciel de gestion du stock et tous les mouvements sont enregistrés donc on peut prouver que les marchandises ont été retirées du stock. On a eu, quelques fois, le contrôleur de l’Afsca qui arrive et qui dit pour tel rappel est-ce que vous avez les documents, est-ce que ça a été fait à temps et à heure ? C’est un contrôle aléatoire et on en a déjà eu au moins trois dans les deux dernières années…"

Rappelons que dans ce cas-ci, il s’agissait d’une simple mesure de précaution, "La vie est belle" n’a voulu prendre aucun risque même si rien ne prouvait qu’il y avait d’autres morceaux de plastique dans les burgers retirés du commerce. Il reste que, du côté du producteur, le rappel a été diffusé rapidement et il a pris une très grande ampleur : pas moins de 30.000 burgers ont été rappelés et ont dû être détruits...

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