Dropshipping : arnaque ou bonne affaire ?

Le dropshipping, c'est une façon de faire de l’e-commerce. Cette façon de vendre sur Internet sans avoir de stock, ni s’occuper de la livraison, a parfois mauvaise réputation. C’est pourtant totalement légal et cela permet d’engranger des revenus. 

Peut-on devenir millionnaire ou est-ce une bonne affaire ? Pigeons fait le point.

Qu’est-ce que le dropshipping ?

Le dropshipping est une forme de e-commerce par laquelle le site vendeur ne possède pas de stocks et fait livrer le client final directement par son fournisseur sans, le plus souvent, que le client ne le sache.

Devenir millionnaire rapidement ?

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Dorian a créé une boutique virtuelle via le dropshipping © fws

Le principe du dropshipping peut être utilisé pour une partie de l’assortiment du site marchand ou pour la totalité de l’offre.

C’est sur YouTube que j’ai trouvé comment le dropshipping fonctionnait.

Dorian Vanderheyden, Web Développeur & Dropshipper, s’est lancé dans le Dropshipping : " J’étais au chômage et j’ai commencé une formation informatique. J’ai découvert le Web à ce moment-là. Je me suis posé la question : comment gagner mon argent tout seul sur internet. Et c’est sur YouTube que j’ai trouvé comment le dropshipping fonctionnait. "

Et contrairement à beaucoup de tutos vantant les mérites du dropshipping où on devient milliardaire en peu de temps, Dorian se rend compte que ce n’est pas si rapide et simple que cela. Cela demande beaucoup de travail, il faut avoir plusieurs connaissances, ce sont des métiers très différents : du marketing, du design conception Web, etc…

Se disant que beaucoup de gens aiment le vinDorian se lance dans une boutique en ligne consacrée au monde du vin : " Practical Wine ".

"Comme je n’avais pas beaucoup d’argent à consacrer à ma boutique, je me suis lancé avec 50,100 euros. Je me suis dit ce sera quitte ou double. Et si les ventes décollent, j’aurai de quoi payer ma pub derrière, sinon je ferme la boutique. Pour moi le premier avantage du premier dropshipping, c’est de ne pas avoir de stock, on ne doit pas payer de loyer pour l’entreposer."

Dorian réussit à gagner 650 euros en un mois : " Ce n’est pas beaucoup. Mais je me suis rendu compte que le site avait des défauts et je continue à l’améliorer. "

Dorian est conscient de ses responsabilités envers ses clients : " Je fais très attention au service après-vente. Mes clients ont une adresse mail pour me contacter. Et aussi mon numéro de téléphone et mon adresse physique pour envoyer un courrier. Un service Paypal de paiement en ligne pour les cartes bancaires afin que tout soit sécurisé. J’ai même mis en place un chat comme cela, ils peuvent me contacter directement. "

Il dénonce aussi le compteur factice : certains sites affichent un compteur qui dit : "attention il reste deux minutes pour avoir le deuxième produit à -50%" . "Cela je ne ferais jamais, car c’est mettre la pression sur le client et je trouve que cela fait fuir plus qu’attirer. "

C’est comme un commerce classique : on achète un produit moins cher, et on le revend plus cher, mais ici sur la toile.

Dorian est conscient que le dropshipping n’a pas bonne presse, mais il estime que ce n’est pas du tout une arnaque. C’est un business model qui est différent. " C’est comme un commerce classique : on achète un produit moins cher, et on le revend plus cher, mais ici sur la toile. "

Escroqueries ?

Quelques récentes affaires, notamment avec des influenceurs/euses célèbres, ont pu avoir un retentissement négatif sur le dropshipping. On parle d’escroqueries, d’arnaques. Et il est vrai qu’il s’agit d’une méthode de vente dont, hélas, beaucoup de personnes ternissent l’image par des pratiques douteuses.

Il arrive que des marchandises soient de piètre qualité ou que des produits payés n’arrivent jamais, ou encore que des sites disparaissent du jour au lendemain.

Stéphanie Chauveheid a été victime d’une mésaventure. Fan d’une maman célèbre, Stéphanie Clerbois, elle est abonnée à son instragram. Elle achète un kit d’épilation, via le code promo de l’influenceuse. Elle se rend compte lors du paiement que son argent part aux USA. Et le colis n’arrive jamais.

Stéphanie Chauveheid avait confiance en l’influenceuse et est très déçue : " J’ai écrit à Stéphanie qui m’a répondu dans un premier temps qu’elle allait demander à son agence et depuis, plus de nouvelle, alors que mes demandes ont été lues. J’ai envoyé un mail à l’agence, aucune nouvelle non plus. Pour moi, les responsables sont Stéphanie, l’influenceuse et son agence. Ils doivent faire attention aux sites dont ils font la promotion des produits. "

Stéphanie Clerbois est une instagrameuse suivie par 1K100 Followers. Cette jeune maman qui élève deux enfants n’a pas le temps de gérer des contrats directement avec les firmes qui lui envoient des demandes de placement de produits : "Je fais donc confiance à mon agence, qui m’envoie les produits et vérifie si les sites sont sérieux. Mais cela arrive que des gens ne reçoivent pas leurs colis. Comme je suis très proche de ma communauté, je fais tout pour y remédier. Cela m’énerve, car moi-même je n’aimerais pas que cela m’arrive. Quand c’est le cas, je contacte tout de suite mon agence qui règle le problème en général. "

Ici, cela ne semble pas avoir été fait. Nous avons tenté de contacter l’agence française We_events par téléphone plusieurs fois et par mail. Cette dernière ne nous a jamais répondu.

Certains instragrameurs/euses font du dropshipping et sont décriés. Ce n’est pas le cas de Stéphanie Clerbois qui se rend compte des dérives.

Elle-même en fait les frais, lorsque ces followers ne reçoivent pas les marchandises commandées via ses codes promo. Et c’est pourquoi notamment, elle a décidé de créer sa propre marque de vêtements : speana.fr. : " Là, je choisis la marchandise et je gère le stock. Pour l’envoi, c’est ma maman et moi qui nous occupons des colis, comme cela, nous sommes certaines de la réception de ceux-ci." 

Et c’est le cas de beaucoup de dropshippers qui décident de créer leur propre marque comme le célèbre Yomi Denzel.

Qui est responsable si on ne reçoit pas un colis ?

Beaucoup de gens estiment que c’est l’influenceur/euse qui est responsable lorsque le colis n’arrive pas. Alexiane Wyns, avocate 2.0 au Barreau de Bruxelles, nous explique que ce n’est pas si simple :

C’est uniquement le vendeur qui est responsable.

"Si l’influenceur a créé et est propriétaire du site vendeur, alors oui, il est responsable.  Mais s’il fait la pub pour un autre site dont il n’est pas le propriétaire, non. "

Mais en règle générale, il faut faire très attention en tant que consommateur aux sites dont les offres ont l’air très alléchantes et que l’on met de l’urgence à l’achat. Cela doit attirer l’attention et dissuader d’acheter sur ce site.

Légal ?

Faire du dropshipping est légal, nous affirme Etienne Mignolet, porte-parole du SPF Economie, mais il faut être prudent.

Rien qu’en 2020, on compte 19.352 signalements.

"On n’a pas des chiffres exacts pour le dropshipping, mais on a une hausse l’an dernier de 52% des plaintes concernant les achats en ligne par rapport à 2019. Rien qu’en 2020, on compte 19.352 signalements."

Il faut être prudent : "Des produits de luxe de grandes marques qui sont proposés à des prix bas dans des délais très courts, ça n’existe pas. Ce sont des éléments qui doivent alerter le consommateur au moment où il veut passer un achat pour ce type de produit."

Si on a été victime d’un site frauduleux qui n’existe plus ou dont le seul but était de vous extorquer de l’argent, Etienne Mignolet conseille :

  • Il faut déposer plainte auprès de la police
  • Il faut essayer de faire bloquer la transaction le plus vite possible via votre banque. Prenez contact directement par téléphone avec la banque qui pourra éventuellement bloquer le paiement.

Comment identifier les sites non-sérieux ?

La règle d’or : 

  1. Identifier qui est le vendeur !

Il faut regarder sur le site s’il y a :

  • Dans les mentions légales : un numéro d’entreprise, une adresse physique
  • Des moyens de paiement sécurisé qui sont offerts
  • Préférez des sites en Belgique ou dans l’Union européenne, parce que l’on bénéficie de tout le droit européen qui concerne la protection des consommateurs, le droit de rétractation dans les 14 jours et les deux ans de garantie.

2. Vérifier la réputation du vendeur via des moteurs de recherche sur le Net, c’est très simple et cela va vite

3. Se méfier des offres qui sont trop belles pour être vraies !

Deux (bons) plans pour vérifier le sérieux des sites de vente en ligne

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© captaindrop
  1. Un outil utile qui est mis à disposition par le Centre Européen des Consommateurs sur son site Web qui s’appelle le Web shop check. Il permet au travers de différentes questions de vérifier si le site sur lequel on s’apprête à passer un achat peut être un site de confiance ou pas.
  2. L’application Captain Drop détecte les dropshipping afin de prémunir les consommateurs d’éventuelles arnaques commerciales. Ce petit chien héroïque flaire, à partir d’une dizaine de critères, les sites de ces revendeurs qui ne font que rediriger leurs ventes vers un fournisseur chinois comme Aliexpress, Wish ou Alibaba.

 


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