Devenir un Lord écossais pour quelques euros: arnaque ou vrai titre?

A la base, c'est un cadeau d'anniversaire. Jordan Petit, originaire de Beauraing, a reçu un coffret de la société Highland Titles. Il apprend qu'il est devenu l'heureux propriétaire d'un terrain dans le Nord de l'Écosse. Il reçoit en plus un titre de Lord. Tout ça pour la modique somme de 150€. "J'ai un terrain de dix m² à Glencoe dans une réserve naturelle. Je peux y aller planter ma tente si je le souhaite", nous confie cet étudiant en droit.

"On m'a regardé avec des grands yeux"

L'histoire fait rire son entourage et le jeune homme pousse la démarche plus loin. Il décide de faire reconnaître son titre de Lord auprès de son administration communale pour que la mention figure sur sa carte d'identité. "On m'a regardé avec des grands yeux. Ils n'avaient jamais entendu parler de ça et personne ne savait quoi faire".

"Autant acheter des billets de Monopoly"

Ce titre a-t-il une quelconque valeur? Nous avons soumis ce cas à Françis Balace, historien de renom et grand spécialiste des titres de noblesse. "Pour que le titre soit reconnu, il faut qu'il soit approuvé par le College of Arms of Scotland (The court of The Lord Lyon). Ce qui n'est pas le cas ici. Autant acheter des billets de Monopoly, ça revient au même. Ce titre n'a aucune valeur", conclut l'historien.

"Un titre de courtoisie"

En cherchant bien sur le site web d'Highland Titles, on peut trouver effectivement cette information: "le titre de courtoisie ne doit pas être confondu avec un titre de noblesse lequel est conféré par la Reine sur l’avis de ses ministres. "Laird" n’a jamais été et ne sera jamais un titre de noblesse. Il s’agit simplement d’une marque de reconnaissance".

"Punissable"

Indépendamment de l'authenticité du titre de noblesse, on rappellera qu'il est interdit à un Belge de porter un titre nobiliaire étranger. C'est même punissable en vertu de l'article 230 du Code pénal. "Des titres étrangers accordés à des Belges n’ont donc aucune valeur en Belgique et ne seront d’ailleurs jamais reconnus", peut-on lire sur le site web du service public fédéral des Affaires étrangères.

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