Des rayons entiers dédiés aux protéines dans les magasins de sport

Alexandra a 24 ans, elle pratique la musculation au moins 5 fois par semaine. Et depuis 3 ans, les protéines en poudre font partie intégrante de son alimentation. Elle explique : " Tous les matins, je me fais cette petite mixture de flocons d’avoine, protéines en poudre et lait d’amandes sans sucre. Et je mets juste 20 grammes de protéines. Pas grand-chose, juste pour avoir mon apport en protéines au petit-déjeuner ".

Des rayons entiers de protéines dans les magasins de sport

20 grammes de protéines, 7 jours sur 7. Plus un deuxième produit en poudre, lui aussi à boire avec de l’eau pendant l’entraînement : " Ça, ce sont des BCAA et c’est ce qui conduit la protéine jusqu’aux muscles. C’est vraiment un complément de la protéine en poudre et je prends ça à chaque fois que je m’entraîne, donc 5-6 fois par semaine pendant mon entraînement ". Alexandra n’est pas la seule à consommer ces poudres. Aujourd’hui, des rayons entiers y sont dédiés dans les magasins de sport, où chacun peut acheter librement. Comme un tonneau à 20 euros, contenant 30 doses de protéines.

Mais que contiennent exactement ces poudres ? Afin de le savoir, nous nous rendons chez un diététicien du sport. " C’est un sous-produit de la fabrication du fromage. Quand vous avez un fromage, vous avez une partie de protéines qui vont vous permettre de faire le fromage, et puis il y a de l’eau blanchâtre où il y a d’autres protéines. Du coup, les industriels, plutôt que de jeter ce produit, ils l’ont récupéré, ils l’ont séché, et ils ont vu que ça fonctionnait pour aider à la synthèse des protéines ".

Marketing abusif et manque d’informations des consommateurs autour de ces produits

Selon l’expert cette substance peut être consommée avec modération le soir ou après l’effort et ce dans le cadre d’un entraînement bien établi. Mais il dénonce surtout le marketing abusif et le manque d’informations des consommateurs autour de ces produits. " Ce que l’on rencontre généralement ce sont des gens qui lisent cet étiquetage, qui entendent des conseils sur internet ou dans les salles de sport, et qui abusent de ce genre de produit. L’excès de ce genre de produit va faire qu’ils vont avoir tendance finalement à accumuler de la graisse parce que cet excès va se transformer en graisse et en sucre. Et quelque part, cela peut aussi avoir une influence sur les os. Il peut y avoir une décalcification osseuse, une déshydratation, et peut-être, chez certaines personnes plus sensibles, une atteinte au niveau du foie ou au niveau des reins " explique Serge Pieters, Diététicien du sport.

Nous nous penchons ensuite sur la composition du deuxième produit consommé par Alexandra. Serge Pieters nous donne son avis : " Les BCA, ce sont trois acides aminés essentiels. La prise de ceux-ci tout seuls a un effet plutôt néfaste sur le muscle, c’est-à-dire qu’il augmente la fonte musculaire, plutôt que de prendre de la masse musculaire ".

De nombreux sportifs commandent également leurs poudres sur internet. C’est là que les risques sont les plus élevés : 4 produits sur 10 contiennent des substances dopantes. Depuis le premier janvier le ministère de la santé opère des contrôles anti dopage dans les salles de fitness afin de les détecter.

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