Des colis, des colis, encore des colis... Au détriment du métier de libraire ?

Nathalie est libraire à Rixensart, dans le Brabant wallon. 35 ans qu'elle exerce son métier et elle en a connu des évolutions : à l'ère du numérique, toute une série de services rendus par les libraires, comme les impressions ou encore la commande d'articles de papeterie s'est peu à peu effectuée en ligne.

Il a fallu trouver d'autres services à proposer à la clientèle, d'autres sources de revenus et naturellement la réception et la délivrance de ces colis s'est imposée. C'est une rentrée financière appréciable à condition qu'elle ne se fasse pas au détriment de l'activité principale et du métier de libraire. 

Paradoxe : on fait la file, mais pas pour acheter le journal

On fait la file devant sa librairie. Mais quand on interroge les clients, la plupart d'entre eux viennent chercher où déposer des colis, pas forcément acheter l'une ou l'autre gazette ou leur quotidien.

Deux facteurs expliquent cette situation : " La crise sanitaire a boosté les ventes en ligne et certaines applications, Vinted en tête, ont capté un public jusque-là peu habitué à acheter sur site. Le pli a été vite pris et le succès ne s'est pas démenti." explique la libraire.

Le quotidien chamboulé de la libraire

Dès 8 heures, à l'ouverture, c'est la valse des transporteurs. 4 d'entre eux se succèdent sur le pas de la porte. Ils vont livrer quelques 250 colis et en reprendront à peu près le même nombre. Toute la matinée, à l'arrière de la boutique, Nathalie scanne et trie les paquets ; il faut qu'en début d'après-midi, les clients, avertis pas sms, puissent venir les rechercher. Il y a des caisses le long des murs, sous l'escalier, derrière la porte et pendant les fêtes dans sa cuisine aussi. Cette activité est chronophage. Elle est rémunérée bien sûr à hauteur de 15 cents par scan et Nathalie ne souhaite pas "cracher dans la soupe". 

" Ce qui est compliqué dit-elle, c'est l'ampleur du phénomène et la place que prend la gestion des colis par rapport à notre job principal, notre métier de libraire, celui que nous avons choisi et que nous aimons."

Le point de vue du transporteur Mondial Relay

Face à l'ampleur du phénomène, certains points relais de la région ont même rendu leur tablier et décidé de ne plus travailler avec certains transporteurs comme Mondial Relay. Ils ont eu le sentiment que leurs demandes, en termes de gestion de flux notamment, n'étaient pas entendues.

" Nous livrons en moyenne 300 colis par commerce mais naturellement, il s'agit d'une moyenne. Si le client le demande, nous pouvons revoir ce chiffre à la baisse. L'idée n'est pas que cette activité soit chronophage mais plutôt dynamisante pour le commerçant." précise Geoffrey Hockins, manager de Mondial Relay.

D'ici la fin de l'année, pour répondre aux nouvelles habitudes de consommation et à l'ampleur des ventes en ligne, le transporteur prévoit de collaborer avec 2000 nouveaux points relais ; voilà qui devrait donner un peu d'air à ceux qui, comme Nathalie, se sentent parfois submergés.

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