Crise sanitaire : quand les bouleversements sociaux influencent la mode

En chamboulant notre mode de vie, notre vie sociale, le Coronavirus a aussi modifié nos habitudes vestimentaires. Avec la généralisation du télétravail, nos priorités changent : le confort avant tout ! Mais aussi la qualité, et une mode plus éthique.

Le confinement a permis, parfois, de réfléchir à notre manière de consommer. De hiérarchiser nos priorités.

Le jogging est roi

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Lady wearing modern casual pink costume suit pullover outfit © Getty Images

Depuis un an, la mode est aux vêtements amples et confortables. Le jogging a signé son grand retour, porté par des stars qui n’ont pas hésité à s’afficher sur les réseaux sociaux en tenue décontractée, agrémentée d’un accessoire de luxe.

"On a vu des marques assez classiques se tourner vers des choses beaucoup plus décontractées. Une grosse tendance de l’hiver dernier, c’était le jogging en cachemire, qui auparavant ne fonctionnait pas du tout, mais qui s’est imposé, même dans les marques de luxe", constate Marie Honnay, journaliste mode.

Les gens ne se marient plus, ne sortent plus, ne font plus la fête.

A l’inverse, et sans surprise, les temps sont durs pour les tailleurs. C’est le cas d’Harry Mariette, gérant de la boutique Le Tanneur à Ixelles.

Avec une vie sociale à l’arrêt, les clients ont logiquement déserté son élégante boutique bruxelloise depuis plus d’un an. Et pour le télétravail, une chemise avec un short dessous suffit, pour l’instant.

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Business video conference - Work from home, from the backyard - Business video meeting © Getty Images

Le casual chic s’impose

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Smiling woman sitting on the floor © Getty Images

La crise est venue confirmer et accentuer une tendance déjà présente. Ces dernières années, nous avions assisté au déclin progressif du costume au sein de l’entreprise. Mark Zuckerberg ou Steve Jobs avaient ouvert la voie de la décontraction en s’affichant le plus souvent en jean et t-shirt.

Le costume n’existe plus en tant que tel.

Le costume n’a pas disparu, mais il a évolué. En dehors du milieu du travail, il reste une pièce tendance portée par la jeune génération, qui se l’approprie, différemment. "Le costume n’existe plus en tant que tel, mais on reste avec un pantalon bleu ou gris, avec une veste correcte et une chemise blanche ou bleue, on va vers du casual chic", confirme Harry Mariette.

Le tailleur reste optimiste. Parce que la tendance est aussi à une mode plus réfléchie. A des vêtements de meilleure qualité, qui se porteront bien plus longtemps.

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Businessman working from home © Getty Images

La "slow fashion" : une autre manière de consommer la mode

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Quality is in the feel of the fabric © Getty Images

Comme pour l’alimentation, les consommateurs privilégient de plus en plus les produits de qualité et locaux. Par opposition à la fast fashion (caractérisée par un renouvellement très rapide des vêtements), la slow fashion fait de plus en plus d’adeptes.

De temps en temps, les femmes vont aussi piocher dans les plus petites marques, elles vont faire leur petit marché…

Pour les petits budgets, des solutions se développent. La seconde main a la cote plus que jamais. La location de vêtements ne fait plus figure d’ovni. Et ce sont bien souvent les jeunes qui montrent le chemin : "C’est vraiment quelque chose de très nouveau, les jeunes femmes vont toujours dans les grandes enseignes, mais de temps en temps, elles vont aussi piocher dans les plus petites marques, elles vont faire leur petit marché, entre pièces de seconde main, petites marques locales et fast fashion. C’est la mode 2.0 !" analyse Marie Honnay.

 

Les gens ont redécouvert des petites marques très locales après le confinement

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Fashion designer working with sewing machine in her studio © Getty Images

Mary Honnay explique d’où est venu l’engouement pour les petites marques. Elle développe : "Alors que les grandes enseignes qui produisaient à l’autre bout du monde faisaient face à des difficultés d’approvisionnement, le transport étant à l’arrêt, etc., les petites marques locales qui produisaient localement, à l’échelle européenne, voire de manière très très locale, parfois à l’arrière des magasins, ont tiré leur épingle du jeu. "

"Elles ont continué à produire, et quand les gens ont pu ressortir, ils ont redécouvert des marques très locales et cela a créé un engouement pour ces petites marques", conclut-elle.

Des pièces uniques qui permettent de se démarquer, tout en participant à l’économie locale. Une tendance qui pourrait bien être amenée à se développer.


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