Coronavirus : Télétravail, qui va payer vos factures ?

C'est ce qu'on pourrait appeler un petit dégât collatéral… Avec la prolongation de la crise sanitaire et le prolongement du télétravail, votre facture énergétique risque d'augmenter.

Dans quelle mesure ? C'est un peu tôt pour le dire. Selon Wikipower, il faudra compter sur une augmentation moyenne des charges domestiques de 20 euros.

Nous devons travailler à domicile, c'est la règle, mais pour autant, nos employeurs doivent-ils prendre en charge les frais qui pourraient en découler ?

8 mois que Christian travaille à domicile. Cet été, il n'y a pas fait attention mais avec le retour de la saison froide, il commence à se poser la question : qui va payer l'augmentation de ses charges ? Car il ne se fait guère d'illusions, la note risque d'être plus salée cette année. 

Chauffage, connexion Internet, téléphone, électricité, toutes les vannes sont désormais ouvertes en permanence à son domicile.


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En tant que web développeur, Christian n'a pas attendu le Covid pour travailler chez lui. Depuis plusieurs années, il preste 1 à 2 jours semaine de cette manière mais depuis le Covid, le rythme s'est accéléré. Son employeur lui a toujours octroyé une compensation symbolique de 5 euros par mois et depuis qu'il est à temps plein chez lui, cette indemnité n'a pas été revue à la hausse.

Quelle est la règle ?

Le législateur distingue deux cas de figure :

  1. Le télétravail structurel qui génère des compensations obligatoires dans le chef des employeurs - notamment le fait de fournir les outils nécessaires à la bonne exécution des tâches.
  2. Le télétravail occasionnel qui n'impose aucune indemnité aux patrons.

La crise sanitaire, précise Catherine Mairy, legal expert pour Partena Professional, s'inscrit dans ce dernier cas de figure : même si le télétravail s'installe dans la durée, cette crise est exceptionnelle et le travail à domicile est toujours qualifié d'occasionnel. 

On l'aura compris, c'est donc le bon vouloir de l'employeur qui l'emporte et compte-tenu du contexte économique difficile, il risque d'y avoir peu de place pour ce genre de libéralités.

Un geste possible mais pas obligatoire

L'été dernier, l'Administration fiscale s'est pourtant adaptée au contexte et a prévu la possibilité de faire un geste à l'égard des personnes en télétravail : l'employeur peut ainsi octroyer une indemnité nette allant jusqu'à 129, 48 euros par mois. Mais il s'agit là d'une latitude non d'une obligation et le texte n'a aucun pouvoir de contrainte.

Quid des autres formes de rémunération ?

Peu de chances donc de voir une différence positive sur votre fiche de salaire, mais une autre question se pose...

Le Covid pourrait-il avoir un impact sur d'autres formes de rémunération ?

Comme par exemple les bonus, les primes de fin d'année ou le pécule de vacances ?

C'est Nicolas Tancredi, avocat spécialisé en rémunérations qui répond, par la négative : le droit des travailleurs en matière de rémunérations est fortement protégé et l'employeur ne peut en aucun cas le modifier de manière unilatérale ; donc, non, il ne pourra pas s'appuyer sur la crise sanitaire pour revoir vos émoluments à la baisse. 

Bon an mal an, et même en tenant compte de la baisse des frais de déplacement , le télétravail se répercutera sur le pouvoir d'achat et pour certains, cette pénalité pourrait être difficile à assumer.

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