Coronavirus : le marché de l'immobilier fonctionne-t-il encore ?

Si construire est encore parfois possible, vendre et acheter se révèle problématique
Si construire est encore parfois possible, vendre et acheter se révèle problématique - © On n'est pas des pigeons

Vous comptiez vendre ou acheter un bien immobilier ? Vous aviez un rendez-vous programmé chez le notaire ? Vous deviez faire visiter votre bien ou aller en visiter un ? Sachez qu'avec la crise du coronavirus, la plupart des activités touchant le secteur immobilier sont ralenties ou postposées, mais pas nécessairement arrêtées. Nous avons contacté des agents immobiliers et des notaires pour tenter d'y voir plus clair.

Visites suspendues, sauf les virtuelles

Logiquement, et pour respecter la décision gouvernementale, les visites de biens sont suspendues, au moins jusqu'au 5 avril.

Les agences immobilières (ou les particuliers) usent de stratagèmes pour permettre la poursuite de l'activité. Un vendeur peut par exemple effectuer une visite en direct grâce aux outils de communication. Skype, Whatsapp, Facetime et d'autres applications permettent de passer outre le confinement physique. Et comme les activités continuent dans les agences immobilières (sans contact physique avec les clients), on peut même faire des offres pour des biens qu'on a découverts virtuellement !

Le notaire pourra quant à lui s'occuper du compromis puisque les études fonctionnent toujours. Certes, on privilégie le télétravail des employés, mais cela n'empêche pas de travailler sur de nombreux dossiers. Le seul point qui pose question, c'est la signature de l'acte. 

Signer un acte : possible sous conditions

En théorie, tous les actes authentiques sont reportés après la période de confinement. Si l'urgence peut être invoquée, il est possible de procéder à la signature de l'acte. Il s'agit en fait d'une décision qui échoit aux notaires. Et quand il y en a plusieurs (un pour le vendeur, un autre pour l'acheteur), il faut l'accord des deux.

Par contre, lors de la signature, tout se fera à distance entre notaires. 80% des études sont équipées de systèmes de vidéoconférence. Les clients d'un notaire, qui doivent quand même se rendre à l'étude pour signer les actes, devront respecter les mesures de précautions devenues classiques (nettoyage des mains, pas de contact, amener son stylo, etc.)

Pour le notaire Renaud Grégoire, porte-parole de notaire.be (la Fédération du Notariat), le travail actuel des notaires se résume à une gestion d'ordre pratique :

  • vérifier l'urgence, en discuter avec les confrères impliqués dans les mêmes dossiers,
  • gérer les agendas,
  • trouver des solutions de secours pour les personnes parfois lésées. 

Les situations problématiques sont nombreuses : un client doit signer son acte pour prendre possession de son bien mais le vendeur n'a pas pu déménager. Un autre client doit absolument vendre sous peine de payer un double crédit. Il s'agit d'un acte complexe nécessitant l'intervention de plusieurs notaires. Sans parler de certaines banques qui ne finalisent plus les actes de crédit... On le voit, les casse-têtes sont nombreux et traités au cas par cas.

Au bout du compte, il y aura de la casse car toutes les situations ne pourront trouver de solution, nous dit-on. En cas de doute, mieux vaut contacter son notaire par mail car il n'y a pas de généralisation à faire.

Agences immobilières : le grand désert

Avec un chiffre d'affaire estimé réduit de 90% pendant le confinement, Eric Verlinden, patron des 35 agences Trévi, vit une période difficile.

Le marché immobilier, qui se porte bien, devra rattraper son retard dès la fin de la crise. On s'attend donc à un rush dès la reprise.

Selon lui, les gros problèmes arriveront dans quelques jours car les fins de mois sont propices aux déménagements et changements de locataires. Mais que faire quand on ne peut déménager ou que l'appartement qu'on devait occuper n'est pas libre ? De nombreuses personnes tentent de trouver des logements temporaires, mais ce n'est pas évident. Des conflits se termineront immanquablement en Justice, pour autant qu'elle fonctionne toujours pour ce genre de cas.

Eric Verlinden mange donc son pain noir mais s'estime heureux d'être également actif dans la gestion de biens et les syndics de copropriétés, pour lesquels le travail continue, même s'il est réduit ou adapté.

Les agents immobiliers indépendants ou employés dans des petites structures misant tout sur les ventes de biens, risquent de bien plus souffrir. Le nombre de transaction s'est réduit comme peau de chagrin et le grand désert est en vue pour les semaines qui viennent.

On précise néanmoins que les déménagements sont toujours autorisés, en respectant le "social distancing" ou en trouvant une entreprise de déménagement encore ouverte. Dans un cas comme dans l'autre, ce n'est pas gagné.


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