Coronavirus : grande lessive dans le monde de l'habillement

Coronavirus : grande lessive dans le monde de l'habillement
2 images
Coronavirus : grande lessive dans le monde de l'habillement - © Prasit photo - Getty Images

Alors que les différents acteurs des secteurs d'activités parlent d'une même voix en cette période de crise, ce n'est pas tout à fait le cas dans le monde de la mode et de l'habillement.

Frappé de plein fouet avec la fermeture obligatoire des magasins physiques, il s'interroge déjà sur l'éventuelle reprise des activités, pour ceux qui auront passé le cap sans trop de casse.

Faut-il brader la collection printemps/été ?

Comme chacun sait, la mode est éphémère et évolue au gré des saisons.

Après un hiver trop doux, qui n'a pas permis d'écouler les stocks de vêtements chauds, on arrive en période estivale avant l'heure, en avril ! Problème : à part sur internet, il est impossible de vendre la marchandise qui est pourtant déjà arrivée en magasin.

Si le confinement se prolonge, ce sont des vêtements neufs qui seront invendables. Et si le déconfinement a lieu pas trop tard, comment gérer les réapprovisionnements avec des blocages de frontières et des usines à l'arrêt ou tournant au ralenti ? D'autant que chaque semaine qui passe est synonyme de manque à gagner pour les commerçants. Du côté de la fédération Creamoda, on espère, sans trop y croire, qu'une loi permettrait d'exonérer ces commerçants d'un mois de loyer. A défaut, on invite à un peu de clémence de la part des propriétaires.

Et puis, il y a les divergences de positions entre les géants industriels et les plus petites enseignes (dont les belges sont représentées par Creamoda). Ces dernières défendaient le report du début des soldes au mois d'août, permettant aux boutiques de vendre à prix plein pour limiter l'impact de la fermeture actuelle. Les grands groupes de mode souhaitaient brader les prix le plus rapidement possible pour être sûr de vendre en masse dès la reprise, arguant qu'on sera moins tolérant à l'étranger ou sur internet. La ministre en charge des consommateurs, Nathalie Muylle, a choisi la première option.

Il y aura de la casse

Ceux qui n'étaient déjà pas en forme avant la crise, et ils sont nombreux dans le secteur, risquent la faillite !

La période d'arrêt forcé sera préjudiciable à tout le secteur. Mais selon Christophe Sancy, rédacteur en chef du magazine Gondola, "ceux qui ont les épaules solides et qui pourront compter sur les aides bancaires s'en sortiront sans trop de casse. Par contre, ceux qui n'étaient déjà pas en forme avant la crise, et ils sont nombreux dans le secteur, seront menacés de faillite. Par nature, le marché est déjà très volatile. Pour les grands groupes, une des conséquences probables sera la révision à la baisse du nombre de magasin." 

L'après confinement, la fédération belge de la Mode y pense aussi. Creamoda souhaite que l'on s'inspire du cas autrichien où le déconfinement progressif permettra d'abord aux magasins de moins de 400 m² d'ouvrir, avant les plus grandes surfaces. Cela permettrait aux petites structures d'attirer les clients avant qu'ils ne se ruent sur les enseignes à bas coût, car le pouvoir d'achat des citoyens aura aussi diminué. Et la fédération de lancer un appel afin que dès maintenant, les Belges privilégient l'achat en ligne sur des plate-formes nationales. Les 10 à 15% du chiffre d'affaire réalisé de la sorte ne compenseront pas les pertes de ce printemps, mais c'est perçu comme un geste de solidarité envers ce secteur durement impacté.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK