Commerce en ligne: guerre de concurrence et contrats déloyaux au détriment des commerçants belges

Au risque de déplaire aux petits commerçants, c’est une réalité... le commerce en ligne a le vent en poupe.

Au dernier trimestre 2015, 75% de Belges âgés de plus de 15 ans ont dépensé en ligne pour... 2,17 milliards d'euros ! Un succès grandissant qui s’explique par la flexibilité des commerces en ligne, on peut acheter à n’importe quelle heure du jour et de la nuit sans sortir de chez soi, et à la facilité de comparaison des prix sur les différents sites. Ce dernier facteur favorise d'ailleurs l'impression de "bonne affaire" chez le consommateur.

Et pourtant ! Selon Comeos, la fédération belge du commerce et des services, les fabricants bloqueraient souvent les ventes en ligne. Par exemple, une grande marque de chaussures de sport, qui possède son propre magasin en ligne, sera plus enclin à mettre des bâtons dans les roues des sites de vente qui proposent son produit. Cela passe, notamment, par toute une série de restrictions à ces sites au niveau des prix, par exemple.

L'équipe d'On n'est pas des Pigeons a contacté Dominique Michel, de Comeos pour évoquer ce commerce en ligne.

Quelles sont les restrictions que les fabricants imposent aux sites qui veulent vendre leurs produits?

"Les fabricants, qui essayent de devenir eux-même des vendeurs, veulent éviter la concurrence et limitent donc la possibilité des autres commerçants de vendre leurs produits. Cela se fait via des contrats signés entre les producteurs et les commerçants, mais les producteurs, ayant le monopole des produits, ne laissent souvent d'autres choix aux commerçants que de signer ces contrats très restrictifs."

Cela concerne beaucoup de site puisqu’une enquête montre que 42% des détaillants se voient imposer des limitations de prix par les fabricants.

"Il y a également un interdiction pour le commerçant belge de vendre à l'étranger et online. Au moment où on encourage les commerçants à ouvrir un commerce en ligne, on leur restreint la possibilité de vendre à l'étranger. Une autre restriction est également d'interdire la publicité online ou encore de vendre en ligne certains produits spécifiques. Il y a donc tout un arsenal de mesures imposées par les fabricants pour canaliser la vente par les commerçants. Et malheureusement, ce sont les consommateurs qui paient les pots cassés, ils ont beaucoup moins de choix."

La Belgique est un pays où le problème est particulièrement important?

"Nous sommes deuxième dans le classement des pays qui subissent ce genre de restriction. Pour Comeos, cela devient donc une priorité. Si rien n'est mis en oeuvre dans les prochaines années, nous risquons d'avoir un secteur complètement cadenassé par les producteurs qui pourront vendre en ligne directement et imposer leurs prix."

Ces constatations émanent d’une enquête réalisée auprès de la Commission européenne. Cela veut dire que la Commission est consciente du problème et qu’elle va prendre des mesures?

"On essaye en effet d'obtenir cela. La Commission a examiné plus de 8.000 contrats au niveau européen, maintenant, nous demandons à la Commission d'approfondir ces résultats et qu'elle prenne un certain nombre de mesures pour faire en sorte que ces restrictions illégales et déloyales soient sanctionnées."

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