Chômage temporaire Corona : les dérives des employeurs

Chômage temporaire Corona : les dérives des employeurs
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Chômage temporaire Corona : les dérives des employeurs - © FG Trade - Getty Images

Le nombre d’allocataires du chômage temporaire Corona diminue mais les observateurs ont constaté plusieurs dérives auprès des employeurs.

La ministre de l’emploi Nathalie Muylle a publié ce jeudi soir les derniers chiffres liés au chômage temporaire.

Près d’1 million de travailleurs bénéficient aujourd’hui du chômage temporaire Corona.

En mai, 960.000 travailleurs ont bénéficié du chômage Corona pour plus d’1 million, 229.000 le mois précédent.

Preuve de la reprise économique relayé par cet autre chiffre, en moyenne les chômeurs temporaires l’ont été durant 9.8 jours contre 14 au mois d’avril.

Allègement des indemnités chômage, quoique…

Pour les finances publiques, cette diminution est bienvenue. En mai, l’afflux de chômeurs temporaires aura coûté 542 millions d’euros contre 937 le mois précédent.

Une bonne nouvelle relativisée par l’allongement de la période jusqu’au 31 août et surtout par le paiement plus élevé des allocations dû à la réduction du précompte professionnel réduit de 26 à 15%. L’allocation moyenne en mai était de 648 euros.

Notons que certains travailleurs mis au chômage temporaire gagnent (un peu) plus mensuellement, l’Onem payant en effet 6 jours de travail à 70% du salaire et l’employé compensant parfois selon les secteurs, la perte de revenus.

Il vient d’être décidé que le régime du chômage temporaire restera en place jusque fin 2020 pour les secteurs les plus touchés soit l’Horeca, les événements, la culture et les voyages.

Des anomalies dans le système

C’est bien connu, l’occasion fait le larron ! Et en la matière, il semblerait que certains patrons en aient un peu trop profité.

C’est ainsi que la ministre rappelle qu’il est interdit d’embaucher étudiants et intérimaires pour effectuer le travail d’un ouvrier ou employé mis au chômage Corona. Ce n’est que s’il est atteint par le virus que cette opportunité est offerte.

Du côté des syndicats aussi, on a constaté des droits du travailleur rabotés durant cette période.

Des dizaines de travailleurs en congé maladie ont ainsi découvert qu’ils étaient désormais inscrits au chômage temporaire. En découle un salaire diminué de 40% payé par la mutuelle.

La CSC a même constaté dans certaines entreprises que les seuls membres du personnel inscrits au chômage Corona étaient les malades.

Difficile à dénoncer aussi, les travailleurs au chômage forcés par leur employeur à travailler à domicile.

Mais le plus préoccupant pour les organisations syndicales, reste les licenciements parfois en nombre.

Certains patrons auraient profité du chômage temporaire pour licencier certains travailleurs !

Selon Salvador Alonso Merino permanent CSC, une entreprise de nettoyage a même assumé le fait d’avoir licencié 25 travailleuses puisque le chômage temporaire, contrairement au chômage économique, ne suspend pas le préavis.

Le secteur de la construction semble aussi en avoir profité. Licencier sans payer 1 euro d’indemnité, on appelle ça un effet d’aubaine.

Et une faille législative. D’où cette proposition de loi du Sp.a flamand de corriger au plus vite le tir et de faire passer une mesure rétroactive pour que les patrons licencieurs remboursent les préavis payés par la collectivité.

Chômeur un jour, chômeur toujours ?

Le Corona aura des conséquences économiques désastreuses et du côté des entreprises, on ne cache pas les heures angoissantes passées et à venir.

Comme on ne cache pas la réflexion quotidienne de devoir transformer le statut de certains travailleurs aujourd’hui chômeurs temporaires en chômeurs complets indemnisés.

Pour ceux qui perdront leur emploi de la sorte, il n’existe pas vraiment aujourd’hui de mécanisme de protection. 

Du côté du ministère du travail, on répond que le système de chômage temporaire est la meilleure aide aux travailleurs qui puisse exister.

Au 1er septembre, le chômage temporaire devrait disparaître pour les travailleurs des secteurs moins protégés.

L’été (social) sera chaud !

Chômage temporaire : une gestion difficile, sujet JT du 24 mars dernier:

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