Changement en vue dans la lutte contre les déchets sauvages et les dépôts clandestins

"C’est vraiment un gros problème !" , nous avoue Thibaut Ciparisse, un agent constatateur de la commune de Namur. Nous l'avons suivi pendant sa journée de travail. Pour cet homme qui est en première ligne dans la lutte contre les incivilités, la situation est catastrophique.

Les déchets sauvages et les dépôts clandestins sont encore loin d’être un problème réglé. "C’est tous les jours ! Des dépôts, on peut en trouver tout le temps. A chaque instant, il y a des gens qui sortent des sacs. Ils le font surtout le soir, mais, c’est sans arrêt quoi !"

Infraction = une redevance + une amende

"Il y a toujours un prénom et un numéro de téléphone, ça peut toujours aider." , nous dit Thibaut Ciparisse, tout en fouillant des sacs abandonnés au coin d’une rue. Il recherche des indices pouvant le conduire à l’auteur de cette infraction. "Il y a des rues qui sont tout le temps sales et parfois on ne trouve pas d’indice et on a dur à régler le problème." , se désole Thibaut Ciparisse. 

Mais une fois sur deux, cet agent parvient à retrouver l’auteur du méfait. Pour deux sacs abandonnés, la personne en cause devra payer une redevance. Elle couvrira le coût du nettoyage, soit 125 euros par sac. L’auteur devra aussi s’acquitter d’une amende administrative. Elle varie en fonction de l’importance du déchet.

Pour un sac poubelle ménager, pour un bidon d’huile usagée, on peut monter à 300 euros.

Exemple, en Wallonie, comme nous le détaille Valérie Cartiaux, la responsable communication de l’asbl Be WaPP (Wallonie Plus Propre) : "Pour le jet d’un mégot de cigarette, d’un chewing-gum ou d’une canette par exemple, le montant est passé donc, depuis la fin de l’année dernière de 100 euros à 200 euros. Pour un sac poubelle ménager, pour un bidon d’huile usagée, on peut monter à 300 euros. Et ce montant peut être bien plus important en cas de dépôt clandestin."

La Flandre veut durcir le ton

En Flandre, les amendes administratives ne peuvent pas dépasser non plus les 350 euros. Mais, la ministre flamande de l’environnement voudrait remonter ce plafond à 500 euros. Pour cause, on assiste à une augmentation de ces incivilités, tant au nord qu’au sud du pays.

La hausse de la malpropreté est en partie due à la crise sanitaire

Pour Valérie Cartiaux, cela s’explique en partie par la crise sanitaire : "Depuis le début de la pandémie, et le fait que les cafés, le secteur HoReCa est fermé et donc que les personnes ont été plus présentes dans l’espace public et bien là, on a vu une recrudescence de la malpropreté."

Répression, mais surtout sensibilisation et éducation

A côté de la répression, l’accent est mis sur la sensibilisation et l’éducation. C’est l’une des missions entre autres de l’asbl Be WaPP.

Les gens ne se rendent pas forcément compte que c’est interdit ce genre de comportement.

Sa responsable communication insiste sur ce volet éducatif : "Moi, je suis convaincue qu’il y a beaucoup de méconnaissance des conséquences de ces actes. Je me baladais ce week-end et je voyais à côté des bulles à verre, des bulles à textiles, un certain nombre de déchets. Les gens ne se rendent pas forcément compte que c’est interdit ce genre de comportement. Il faut vraiment que les gens changent de comportement. Il faut bien qu’ils se rendent compte qu’un déchet jeté, c’est un déchet qui doit être ramassé par une autre personne." 

Moi, dans mon travail, quand je vais rendre les sacs aux gens, je trouve que c’est vraiment la partie la plus efficace de mon travail.​​​​​​

Pour Thibaut Ciparisse, il faut également agir avec tous les moyens possibles. "C’est un problème qui ne se résoudra pas uniquement par mon travail, pas uniquement avec des caméras et pas uniquement avec des explications bien gentilles aux gens. Tout s’additionne de façon plus ou moins positive. Moi, dans mon travail, quand je vais rendre les sacs aux gens, je trouve que c’est vraiment la partie la plus efficace de mon travail."

Dans cette lutte apparemment incessante contre les déchets sauvages et les dépôts clandestins, les autorités semblent vouloir renforcer les moyens pour attaquer le problème sur tous les fronts. D’ici quelques mois, de nouvelles caméras seront installées dans plusieurs communes aux endroits particulièrement sensibles.


Retrouvez "On n'est pas des pigeons" du lundi au vendredi à 18h30 sur la Une et en replay sur Auvio.

Pour plus de contenus inédits, rendez-vous sur notre page Facebook.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK