Ces écoles qui ne rouvriront pas ce lundi 18 mai

Nous ne rouvrons pas malgré le déconfinement annoncé !

Elles ne sont pas nombreuses, peut-être une dizaine en Wallonie, mais elles ont pris une décision ferme et réfléchie dont voici les principaux arguments.

Des lieux inadaptés aux mesures imposées

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Ecoles fermées © Olesya Semenov / EyeEm - Getty Images/EyeEm

L’école communale de Sivry compte pour la section maternelle et primaire 175 enfants. Elle ne rouvrira pas lundi. Son directeur, Olivier Hublet, avance comme premier argument pour justifier la non-réouverture de son établissement des problèmes d’infrastructure : " On n’a déjà qu’un point sanitaire, donc si on part du principe des classes " silos " (ndlr : Des petits groupes d’écoliers qui ne peuvent avoir de contact qu’avec les membres de leur propre groupe) comme ils voulaient le faire, tôt ou tard, durant la journée ils (ndlr : les écoliers de silos différents) se seraient croisés. "

Même son de cloche à Morlanwelz où la directrice de l’école communale Roosevelt, Isabelle Bettesone, affirme : " Nous ne pouvions garantir les normes imposées en termes de distanciation sociale sur certains de nos sites. "

Du personnel réduit

Autre argument entendu, le manque de personnel. " J’ai des collègues qui sont à risques, donc écartés d’office, donc j’aurais redémarré avec une équipe réduite. " témoigne Olivier Hublet, directeur de l’école communale de Sivry.

Des mesures inacceptables

" On travaille sur le bien-être à l’école et placer les enfants dans des conditions telles que la circulaire le propose, en suivant toutes les conditions de sécurité et d’hygiène à la lettre, ça aurait été pour moi inhumain. Entre la théorie et la pratique, il y a un monde. " se défend Olivier Hublet, directeur de l’école communale de Sivry. Il donne en exemple cette mesure visant à maintenir un enfant sur quatre mètres carrés. De manière générale, le corps enseignant souligne les difficultés de faire respecter les consignes sanitaires. Pour certains, ce serait tout simplement "impossible avec des enfants".

Des risques encore bien présents

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Ecoles fermées © OsakaWayne Studios - Getty Images

La rentrée ce 18 mai pour un mois de cours, le jeu n’en vaut pas la chandelle pour certains. " C’était une mini-plus-value au niveau pédagogique par rapport aux risques sanitaires encourus. " justifie Isabelle Bettesone, directrice de l’école communale Roosevelt de Morlanwelz.

Des parents réticents

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Ces écoles qui ne rouvriront pas ce lundi 18 mai © RyanJLane - Getty Images

Et puis, avant tout, pourquoi chercher à rouvrir dans des conditions compliquées si, en premier lieu, les enfants ne répondent pas présent.

Un pourcentage élevé de parents refuse de remettre leurs enfants en classe.

70 à 80 % des familles avaient déjà décidé qu’elles ne remettraient pas leur enfant en classe du côté de Sivry. " Une reprise des cours, mais avec 20, 30 pour cent d’une classe, ce ne sont pas des cours, c’est une garderie. Exemple d’une classe de première année de 30 élèves, j’en avais 8 qui avaient dit qu’ils reprenaient et encore pas chaque semaine. Donc, 8 sur 30 ! On fait quoi avec les autres ? Dans ces conditions, le principe d’équité est mis à mal. " nous explique Olivier Hublet, directeur de l’école communale de Sivry.

A Morlanwelz " On a eu le choix clair et déterminé des parents. On les a sondés et croyez-moi qu’ils ne voulaient pas re-scolariser leurs enfants avant septembre. " nous dit Isabelle Bettesone. Cette directrice nous le certifie !

" Aucun " parent de première et sixième primaires de son école ne veut remettre son enfant à l’école.

Du pain sur la planche

A Morlanwez, ce n’est pas pour autant que l’on se tourne les pouces. Toutes nos équipes pédagogiques font un travail, depuis début mars, hors du commun. C’est exceptionnel. Chaque enfant a bien reçu un livret au domicile depuis le 18 mars, nous sommes au quatrième livret (ndlr : d’exercices). Tous les quinze jours, ils ont un nouveau livret format papier dans leur boîte aux lettres. Tous mes enseignants travaillent par des moyens de communication. Nous avons des plateformes où des exercices sont donnés en direct " nous explique Isabelle Bettesone.

Nos enseignants sont en train de tisser un lien social et affectif avec leurs élèves comme on n’a jamais connu !

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Ces écoles qui ne rouvriront pas ce lundi 18 mai © ozgurcankaya - Getty Images

Cette directrice ne va quand-même pas jusqu’à affirmer que cette méthode pourrait se substituer à l’enseignement classique dans une classe avec des contacts réels. Pour preuve, elle et ses équipes s’appliquent durement à préparer le retour à la normale, qui pour elles, ne peut se faire dans de véritables bonnes conditions, au plus tôt qu’en septembre.

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