Castration des porcelets : une pratique appelée à disparaître ?

Pour lutter contre le risque d’odeur de verrat qui rendrait la viande de porc immangeable, la castration des porcelets est inhérente depuis longtemps à la production de viande porcine. Grâce à la castration, on supprime la production d’hormones lorsque le porc arrive à maturité sexuelle et donc on s’assure que la viande sera propre à la consommation.

Mais historiquement cette castration se pratique à vif et elle a toujours suscité polémique et indignation, notamment dans le chef de l'association de défense du bien-être animal GAIA. Depuis quelques années, donc les enseignes de la grande distribution mettent en œuvre des alternatives pour éviter cette castration chirurgicale. Et actuellement, la plupart du temps quand on pratique encore la castration, elle se fait sous anesthésie.

Alternatives à la castration chirurgicale

Au mois de juin dernier, Delhaize annonçait à grand renfort de communication, que grâce à une nouvelle race de porcs la castration n’était plus nécessaire. On ne peut pas parler vraiment une nouvelle race mais plutôt d'une évolution génétique via la sélection d'animaux qui permet d'éviter la castration tout en supprimant les risques d’odeur de verrat. Et puis autre facteur on abat les porcs de plus en plus jeunes… Mais Delhaize n’est pas seul, depuis plusieurs années toute la grande distribution a évolué sur la question… Ann De Greef, directrice de Gaia, pointe deux autres exemple : "Ne pas castrer et faire la détection de l'odeur de verrat à la chaîne d'abattage, ça fonctionne très bien, les fournisseurs de Lidl utilisent cette méthode. Il y a aussi le vaccin donc c'est un vaccin contre l'odeur de verrat, là c'est plutôt Colruyt qui utilise cette méthode..."

Éleveurs anti-vaccin

Mais des éleveurs se positionnent contre ce vaccin : ils refusent d’injecter ce produit à leurs animaux. C’est le cas notamment de la filière bio et plein air où on défend carrément la castration (avec anesthésie), parce c’est le seul moyen dit-on, d’obtenir de la viande de qualité et là on ne veut pas entendre parler de médicament injecté aux animaux qui risque de se retrouver dans l’assiette du consommateur… Certains éleveurs parlent même de traitement hormonal... José Wavreille, ingénieur au centre wallon de recherches agronomiques, relativise: "On ne peut pas ranger ce médicament dans les hormones, c'est un médicament à un usage vétérinaire qui a fait l'objet d'agrément depuis 2009, c'est un médicament à action immunologique".

Le débat autour de la castration des porcelets évolue donc lentement vers la généralisation de la gestion de la douleur pour les animaux (anesthésie, analgésie) quel que soit l'âge des porcelets. Et la question prend également aujourd'hui une tournure politique puisqu'un décret est en cours d'élaboration au Parlement Wallon : il vise à interdire purement et simplement la castration chirurgicale.

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