Cahiers de vacances : utiles ou pas?

Certains en gardent un souvenir amusant, d’autres se souviennent d’une corvée qui a pourri leurs étés. “Indispensables pour consolider les acquis de l’année scolaire”, “Inutiles car les vacances doivent être une période de repos et d’amusement”. Les cahiers de vacances ont autant de défenseurs que de détracteurs.

Fin d’année rime avec rentrée pour les cahiers de vacances. Avec quatre millions d’exemplaires vendus chaque année en France, il s’agit d’un business juteux qui représente un chiffre d’affaire de 25 millions d’euros. En Belgique, le phénomène prend chaque année plus d’ampleur. Dans les hypermarchés et les librairies, les piles sont toujours plus volumineuses.

L’enfant n’est pas dupe

Écriture, lecture, math, éveil, néerlandais. Même si la couverture se veut attractive avec des jeunes vacanciers sautant sur la plage, sceau et pelle à la main, l’objectif est bien de travailler. Les enfants ne sont d’ailleurs pas dupes.

Avec des cahiers de vacances spécifiques pour eux, les plus petits ne sont pas épargnés. "On a même plus de demande pour les maternelles que pour les primaires", explique Gaëlle Allaeys, responsable du rayon jeunesse d’une librairie bruxelloise. Les cahiers pour petits sont néanmoins plus ludiques. Les exercices consistent à tracer correctement une ligne, compter le nombre de pépins dans la tranche de pastèque, colorier le poisson selon les instructions. Le but, ici aussi : apprendre en s’amusant, voire s’amuser en apprenant!

La demande vient surtout des parents

Même si certains enfants apprécient de se plonger une vingtaine de minutes par jour dans ces cahiers aux allures scolaires, ils représentent néanmoins une minorité. Ce sont généralement les parents qui décident de les emporter dans la valise. Leurs motivations sont multiples, selon Gaëlle Allaeys. "Certains parents ont des enfants qui ont des difficultés scolaires et pensent pouvoir les aider avec des cahiers de vacances. D’autres, sont justes un peu stressés et souhaitent que les enfants n’oublient pas pendant l’été ce qu’ils ont appris pendant l’année."

Controverse sur leur utilité

S'ils donnent bonne conscience, rien ne prouve néanmoins l'efficacité des cahiers de vacances. Certains spécialistes de l'éducation estiment même qu'ils sont contre-productifs. "L'enfant a besoin de sortir de son rôle d'élève, d'oublier l'école et de se changer les idées pour arriver frais et motivé à la rentrée", met en garde Delphine Chabert, porte-parole de la Ligue des familles.

Mais pas question de mettre tous les cahiers de vacances dans le même panier. Certains sont très ludiques, d'autres beaucoup plus rébarbatifs. Donc "pourquoi pas", dit la Ligue des familles, mais à trois conditions. Un : que cela se fasse de manière ludique et détendue. "Les enfants sortent d’une année longue avec des tensions et des pressions, il ne faudrait pas en rajouter pendant l'été", précise Delphine Chabert. Deux : il faut des moments "off". "Des moments pendant lesquels on ne parle plus de l’école." Et trois : les parents ne doivent pas être des enseignants à la maison et refaire la leçon.

Ils peuvent apprendre autrement !

Les vacances, c’est aussi l’occasion d’apprendre autrement. Autrement qu’en étudiant ou en faisant des exercices. En découvrant la nature d’un nouveau pays, en allant au musée ou simplement en faisant la cuisine. Rien de tel qu’une après-midi de pâtisserie pour réviser les maths! Enfin, Delphine Chabert insiste : "Laissez à vos enfants la possibilité de s’ennuyer!" De l’ennui naît la créativité, le rêve et l’imaginaire. A bon entendeur …

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