"A table pour 1-2-3 euros": un projet social de Colruyt, rien qu'un projet social?

Nancy est cliente chez Colruyt... Bénéficiaire au CPAS de Soignies, son budget est limité. Elle profite d'un projet social du distributeur: "A table pour 1 - 2 - 3 euros". C'est clair, le repas de ce soir ne coûtera pas plus de trois euros par personne. "En ayant un budget restreint, c'est très intéressant de pouvoir élaborer des recettes en sachant à l'avance combien cela va nous coûter", précise-t-elle.

Et le prix par portion est garanti pendant deux semaines. Recette du jour: omelette au saumon fumé et duo de mousses au chocolat. Nancy continue ses courses mais, avec ce projet social, Colruyt n'en profite-t-il pas pour poursuivre un objectif commercial?! "Ici c'est un projet social qui n'a rien à voir avec le commercial. Le but n'est pas de gagner de l'argent, mais vraiment d'avoir une contribution dans la lutte contre la pauvreté, pour nous c'est important", déclare Wim Verbesselt, coordinateur "A table pour 1 - 2 - 3 euros" chez Colruyt.

Chez Colruyt, ils arrivent souvent à lier but commercial et sociétal

Mais la démarche est tout de même commerciale. C'est en tout cas ce que pense que Pierre-Alexandre Billiet, patron de la revue "Gondola", spécialisée dans l'analyse de la grande distribution. Pour lui, ce projet sert aussi à garder des clients: "C'est ça la force de Colruyt. C'est qu'ils arrivent souvent, pas toujours mais très souvent, à lier un but commercial avec un but sociétal. Ils sont capables de lier les deux, ils ont cet "affectio societatis". On serait peut-être mal vus de vouloir critiquer ce type de projet en Belgique et, à nouveau Colruyt s'est positionné de manière tout à fait unique". 

D'ailleurs, Nancy pourrait-elle profiter des recettes Colruyt pour faire ses courses ailleurs? "C'est volontaire. Vous faites ce que vous voulez avec le livret. On donne l'inspiration aux gens pour leur montrer qu'ils peuvent faire leurs courses et préparer un repas pour un prix bon marché. Mais si vous souhaitez faire vos courses ailleurs, peu importe", précise à nouveau Wim Verbesselt. 

Colruyt, un groupe de 28 000 personnes

Heureusement Nancy est cliente chez Colruyt. Mais, malgré tout, le distributeur ne profiterait-il pas d'un outil marketing bon marché? Pour Wim Verbesselt, ce n'est pas du tout le cas: "Un projet social, c'est un projet social. C'est-à-dire que l'on veut créer quelque-chose à long terme avec ce projet. On ne veut pas que cela s'arrête après un an. Pour nous, on insère vraiment ce projet dans nos activités principales, dans notre cœur de métier. C'est donc très important". 

Ce cœur de métier de Colruyt est tellement présent qu'il bat peut-être aussi au rythme d'une communication efficace de ce genre de projet : "Colruyt est quand même un groupe de 28 000 personnes donc je suis sûr que ce type de projet vit au sein de l'entreprise. C'est exactement de cette manière-là que Colruyt se positionne et communique avec le marché en partant de l'intérieur, ce qui est un petit peu vieux-jeux aujourd'hui dans des moyens de communication qui sont très rapides. Par contre, c'est relativement efficace...", nous dit Pierre-Alexandre Billiet, patron de la revue "Gondola". 

Efficace aussi pour Nancy... Colruyt promettait un prix de 21 euros maximum pour ses courses du jour... C'est encore moins cher: 15,83 euros! Et pour ce prix-là, ce soir, Nancy, pourra savourer un bon repas équilibré pour 1 -2 ou 3 euros... 

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