A quand les protections périodiques gratuites?

Obtenir la gratuité des protections périodiques, voilà ce que demandent plusieurs associations étudiantes. Parmi celles-ci: l'Assemblée Générale des Etudiants de Louvain-La-Neuve. Pendant 3 jours, elle a organisé des distributions gratuites. Le public était au rendez-vous.  

Cela peut sembler anecdotique, mais au regard des difficultés financières que connaissent certaines étudiantes, il semble que cela ne le soit pas.

Les étudiantes sont venues en nombre à la distribution

Pendant 3 jours, l 'Assemblé générale des étudiants de LLN a distribué gratuitement des protections sur rendez-vous. Covid oblige. Elles ont reçu des cups et des culottes menstruelles, une manière de les sensibiliser à des protections plus écologiques. Celles-ci sont relativement chères, puisqu'elles coûtent environ 30 euros

La gratuité de ces protections, à mon sens, c'est un véritable enjeu. Pour les étudiantes, mais pas seulement.

Dans la file, Noha commente : " J'ai fait le calcul: l'achat de tampons, cela me coûte environ 8 euros par mois. Cela peut sembler peu, mais imaginez une famille où il y a plusieurs filles: cela représente tout de suite un petit budget. Et donc oui, la gratuité de ces protections, à mon sens, c'est un véritable enjeu. Pour les étudiantes, mais pas seulement."  

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L'objectif de cette distribution est double

Pour Mathilde Fraipont, co-présidente de l'AGL, il s'agit à la fois d'interpeller les services d'aide aux étudiants de l'université, mais aussi le monde politique. Pour obtenir que des distributeurs soient accessibles sur les sites universitaires.

Les étudiants nous demandent au fond de financer la vie au quotidien.

Florence Vanderstichelen dirige précisément ces services d'aide. Elle confirme étudier la demande.

Mais elle recadre la question : " On observe un peu un glissement dans les demandes que les étudiants formulent aux établissements d'enseignement supérieur. Ils nous demandent au fond de financer la vie au quotidien: l'aide alimentaire ou la précarité menstruelle. Je ne veux pas dire qu'il n'y a pas d'étudiantes qui ont des besoins spécifiques en cette matière."

Est-ce bien aux établissements d'enseignement supérieur de prendre cela en charge? 

La question est en effet politique. En Fédération Wallonie-Bruxelles, elle est effectivement sur la table. 

Combien coûtent les protections périodiques ? 

Difficile à évaluer évidemment.

Mais la plupart des études s'accordent sur un montant d'une dizaine d'euros par mois selon l'intensité et la durée des règles.

Un montant qui se compte en années pour atteindre plus de 3 000 euros dans une vie.

Et ceci bien sûr sans prendre en compte les consultations gynécologiques et autres dépenses strictement féminines. 

10% des femmes environ éprouveraient des difficultés à assumer ces dépenses : c'est ce qu'on appelle la précarité menstruelle. 

Le sujet est en débat un peu partout

L'Ecosse, par exemple, a opté pour la gratuité des protections pour toutes les femmes qui en ont besoin.

La France a abaissé le taux de TVA sur ces produits. Elle a mis en place des distributeurs sur les sites universitaires. 

Chez nous, rien de tout cela encore. Mais le sujet est aussi sur la table. Une proposition de résolution visant à distribuer ces protections, gratuitement, dans les différents niveaux d'enseignement, a été déposée.

La réflexion est donc en cours en Belgique et pourrait déboucher sur des mesures similaires à celles mises en place dans l'Hexagone.  


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