S'il vient d'Angleterre, un chèque, est-ce pire?

Après les attentats du 22 mars, l'aéroport de Zaventem est resté fermé plus d'un mois. Et les vols qui n'étaient pas annulés partaient d'autres aéroports. C'est ainsi qu'Anne, qui devait partir, à la mi-avril, vers Milan avec Easy Jet, a appris qu'elle décollerait depuis Lille. Et, pour arriver jusqu'à Lille, la compagnie lui a expliqué "que le trajet Bruxelles-Lille, on devrait l'organiser nous-mêmes, et qu'il nous serait remboursé sur présentation de la facture".

Comme elle partait à 4 heures du matin, Anne a opté pour une navette. Coût : 185 euros. Alors que les deux billets d'avion n'avaient couté que 208 euros.

Patience et longueur de temps...

"J'ai envoyé le ticket via le formulaire de contact sur le site d'Easy Jet, qui n'est pas toujours évident. J'ai mis longtemps à avoir une réponse. Finalement, j'ai reçu des emails me demandant notre âge, notre nom exact. Et puis, plus de nouvelles."

Finalement, miracle, le chèque arrive ! Toute guillerette, Anne se rend en agence. Et là, c'est la douche froide. Son interlocuteur a l'air un peu perdu.

Un chèque qui n'est pas un cadeau

"Il a d'abord regardé le chèque, il était fort surpris, il n'avait pas l'air d'avoir déjà vu un chèque comme ça. Il m'a dit qu'il ne pouvait rien en faire, parce qu'il n'y avait pas de compte donneur d'ordre et qu'il était stipulé que le chèque était uniquement payable en Grande-Bretagne. Comme j'ai insisté, il a téléphoné à quelqu'un du siège, qui lui a apparemment répondu la même chose."

Allô, les Pigeons ?

Un peu fâchée, Anne écrit alors à Easy Jet. Pas de réponse. Elle décide donc d'appeler le call center, en Angleterre. Après dix minutes où elle est renvoyée de "appuyez sur la touche 1" à "remplissez le formulaire EU", elle raccroche, avec l'impression qu'on la fait tourner en rond sans possibilité d'atterrir. Et décide de faire appel aux Pigeons.

Nous, on appelle le porte-parole de la banque. Réponse : "Mais bien sûr ! Ce chèque est encaissable dans toutes nos agences. Moyennant des frais de 15,45 euros TVA comprise."

La théorie rencontre la pratique

Donc, en théorie, Anne devrait pouvoir toucher ses sous sans souci. En pratique... En pratique, il faut retourner en agence pour vérifier ça. Anne tombe sur la même personne qui lui avait refusé son chèque. Mais, à présent, il a trouvé comment faire. Il faut dire que les chèques d'Easy Jet se sont multipliés : "En quelques jours, on en a reçu quatre ou cinq. On a donc cherché à savoir comment les encaisser. Et on a trouvé une méthode, différente de la méthode habituelle, grâce à laquelle ces chèques pouvaient passer."

Bref, la conclusion s'impose: quand on vous dit non... Ben, faut pas hésiter à revenir à la charge.

Un chèque, j'expire !

Reste qu'on ne voit pas très bien pourquoi Easy Jet passe par des chèques, dont le traitement engendre des frais (le chèque doit être renvoyé à la banque émettrice. Et ça se fait souvent par courrier express). Alors que la compagnie pourrait payer par virement. Ou rembourser sur la carte de crédit utilisée lors du paiement. On aurait bien aimé demander au porte-parole d'Easy Jet de nous expliquer pourquoi une compagnie ultra-moderne utilise encore des chèques. mais, à l'heure qu'il est, on attend toujours qu'il réponde à notre mail.

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