Les serruriers escrocs : une arnaque répandue dévoilée devant nos caméras cachées

Enfermer ses clés à l’intérieur, c’est sans doute la mésaventure la plus répandue et la plus râlante. Tout le monde, ou presque, connaît cela au moins une fois dans sa vie. Certains dépanneurs express y ont vu un moyen de se faire de l’argent facilement.

L’exemple est courant. Vous rentrez vos courses. Entre deux aller venue, un courant d’air décide de vous pourrir la vie. Il referme la porte derrière vous. Vous voilà enfermé à l’extérieur, avec vos clés à l’intérieur. Ce petit couac pourrait vite se transformer en grosse tuile. Tout dépend, comme vous allez le comprendre, du serrurier sur lequel vous allez tomber.

Une ouverture, une centaine d’euros

Devant nos caméras cachées, le premier serrurier appelé tente l’ouverture avec une carte. Il essaye ensuite de démonter la poignée. "Je pense que si on arrive à retirer cette vis, on arrive de l’autre côté et je pense qu’on pourra l’ouvrir." Après un peu moins de vingt minutes, la porte est ouverte et la facture est raisonnable. "On est à 111 euros et 30 centimes." Ce serrurier est donc bien compétent et honnête. Sa facture correspond aux prix du marché, comme nous l’a confirmé la Fédération Nationale des Serruriers (www.serrurier.be). Par contre, ce qui va suivre n’est pas très reluisant.

Quatre fois plus cher

Nous appelons une autre société de dépannage. Au téléphone, on nous donne une première idée de prix. "C’est combien minimum ? Ça dépend, ça va aux alentours d’une centaine d’euros." Première mauvaise surprise. Le serrurier que l’on nous envoie nous annonce un tout autre prix. "Avec les frais d’urgence, vous êtes à 400 euros. Ce sont les prix du marché !" nous certifie-t-il. Nous acceptons malgré ce tarif exagéré. Il tente avec une carte. Il poursuit avec ses tournevis en guise de levier. Le chambranle est déjà bien griffé. Après trois quarts d’heure, l’homme nous fait une proposition : "Il y a deux choix : ou bien je plie une de ces parties pour pouvoir passer ma carte ou sinon, je dois attaquer par le cylindre. Attaquer par le cylindre, ça veut dire que je dois forer le cylindre et remplacer le cylindre." Nous refusons la moindre casse. Nous mettons un terme donc à son intervention. Il nous fait finalement payer 300 euros, en liquide et sans facture.

De la casse inutile

Nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Nous appelons une troisième société. Elle nous a été renseignée par une téléspectatrice déçue. Dans un courrier, elle nous confie : "Cette firme m’a "escroqué" la somme de 577,45 euros pour une ouverture de porte, remplacement d’un cylindre produit blanc…" Avec notre porte, le serrurier envoyé par cette société reproduit le même scénario. "Je ne suis pas magicien, monsieur. Obligé de casser, obligé de forer !" Il propose le remplacement du cylindre, mais quand nous voulons une idée du coût que cela va engendrer : "Faut que j’ouvre pour savoir. Je ne donne pas les prix avant. Il faut qu’on ouvre." Rappelez-vous pourtant l’ouverture est possible sans casse. Nous refusons donc le forage de la serrure. "Payez 120 et je m’en vais. Pas de problème, moi ! Moi, je n’ai pas de souci avec ça. Si vous ne voulez pas qu’on ouvre, on n’ouvre pas." On s’en sort avec 120 euros, mais ça aurait pu être bien plus si on avait accepté l’ouverture. Notre premier serrurier, honnête, nous avait déjà bien avertis. "Si vous regardez les avis que les gens mettent. Il y en a, ils sont en enquête judiciaire. La police met "Faites attention ! N’appelez pas !", mais les gens ne lisent pas. Ils abusent. Ils exagèrent sur les prix. Normalement, à la base, il faut juste passer la carte et eux, ils font exprès de ne pas savoir la faire passer. Ils gagnent beaucoup mieux leur vie comme ça. Et ils vont jusqu’à demander des sommes hallucinantes. Moi, j’ai déjà vu, ils ont demandé 1200 euros." Bref, certains serruriers ont trouvé le bon filon. Face à l’ignorance et au désarroi de leurs clients, certains n’hésitent pas à pousser le bouchon un peu trop loin.

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