Publicité pour la vente d'animaux: un décret wallon qui fâche

La publicité pour la vente d'animaux est réglementée par un décret de la Région wallonne depuis juin 2017. Une des téléspectatrices d'"On n'est pas des pigeons", éleveuse de cochons d'Inde, se dit lésée par cette législation. Elle ne parviendrait plus à vendre ses animaux. Nous avons contacté le ministre à l'origine de ce décret, Carlo Di Antonio.

Des petits cochons d'Inde viennent juste de naître chez Vanessa Daumerie. Elle est fière de son élevage de Teddy suisse, mais aujourd'hui elle est plutôt en colère. Elle se demande dans quelles conditions cette portée va vivre : "Je souhaite qu'il va rapidement trouver une famille mais pour le moment, ce n'est pas évident puisque actuellement, je ne peux pas mettre de petite annonce pour lui trouver une famille". Vanessa estime qu'elle est lésée par un décret de la Région wallonne relatif à la publicité pour la vente d'animaux ..." ... depuis la mise en application de ce décret, nous ne pouvons plus passer de petites annonces sur les sites de petites annonces ou sur les réseaux sociaux pour vendre les bébés que nous avons à vendre. Nous sommes totalement mis dans l'ombre".

Que dit la législation?

La publicité pour la vente de mammifères est autorisée uniquement sur des sites spécialisés reconnus par la Région wallonne. Et si ce n'est pas un mammifère - un oiseau, par exemple ou un reptile -, la publicité est autorisée uniquement sur un support spécialisé c'est-à-dire avec un contenu rédactionnel ciblé exclusivement sur la commercialisation des ces animaux. Cela semble un peu compliqué mais nous avons trouvé le meilleur des experts : le ministre du bien-être animal, Carlo di Antonio lui-même, à l'origine de ce décret. Alors Mr. le ministre, par exemple, une publicité pour la vente de pigeons sur ce site colombophile, c'est permis? Réponse : "Si c'est un site spécialisé qui ne vend que des pigeons, qui contient du rédactionnel sur le sujet et qui a une demande en bonne et due forme, je pense qu'il n'y a pas de problème".

2ememain.be, pas autorisé!

Et cette annonce pour un dragon d'eau sur 2ememain.be? C'est autorisé? "Non cela ne l'est pas, précise le ministre, et 2ememain.be à ma connaissance n'a toujours pas fait de demande d'agrément. Le site fait l'objet d'un PV actuellement. Il risque une grosse amende." Et la vente de chiens et de chats sur ce site "chiens-chats.be", c'est permis? "Celui-là, il est en ordre. Il fonctionne relativement correctement. Il est tout à fait permis parce qu'il est spécialisé sur les chiens et les chats et remplit l'ensemble des critères de la loi". Mais l'élevage de Vanessa ne semble pas remplir toutes les conditions. Le cochon d'Inde n'est-il pas un mammifère comme un autre? Les éleveurs de cobayes ne bénéficieraient-ils pas des mêmes droits que les autres? C'est bien ce que pense Vanessa : "Nous aurions besoin d'être reconnus en tant qu'éleveurs comme les éleveurs de chiens et de chats qui peuvent être agréés. Nous voudrions être agréés également pour pouvoir poster sur les réseaux sociaux comme auparavant".

Un nouveau site

Du côté de la Région wallonne, le ministre a semble-t-il trouvé une solution au problème de Vanessa : "Nous sommes en train de développer un site public qui sera accessible gratuitement et qui sera à disposition d'ici quelques semaines. Voilà qui permettra à cette dame de trouver une solution". Réponse de Vanessa au ministre : "Le site serait déjà une bonne chose mais je pense qu'il aurait un impact assez limité. Au début les gens ne le connaîtraient pas. Il faudrait beaucoup de temps pour que les gens aient le réflexe de la consulter. Je pense que ça va être très très long avant que l'on ne sente une différence avec ce site". Pour l'instant, les Teddy suisse patientent en attendant d'être adoptés - peut-être - par une famille d'accueil.

Décret wallon sur la publicité de la vente d'animaux

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