Commander un maillot contrefait peut vous coûter cher

Commander un maillot contrefait peut vous coûter cher
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Le 30 mars dernier, On n'est pas des pigeons évoquait le cas de Noris Benseghir, un supporter des Diables rouges, qui avait acheté un maillot contrefait sur le web. Les responsables du site web prétendaient vendre des maillots officiels. Après vérification auprès de l'Union belge, l'officiel était en réalité une copie. Une copie certes très bien réalisée mais une copie quand même. 

À la suite de l'émission, plusieurs téléspectateurs ont passé commande sur le site de contrefaçons. Étant très proche de l'original, le maillot copié avait l'avantage de coûter presque trois fois moins cher : 35€ au lieu de 90€. Une très mauvaise idée puisque la pratique reste totalement illégale. Tant pour le producteur des maillots contrefaits que pour celui qui les commande.

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Les douanes aux aguets

Michel Bilal en a fait l'amère expérience après avoir commandé deux maillots des diables rouges. Coût total : 55 euros. Une affaire en or. Sauf que les douanes ont saisi sa commande dans le centre de tri de Bpost à côté de l'aéroport de Bruxelles-National. Michel a reçu un courrier officiel lui annonçant une mainlevée des marchandises en raison d'une "suspicion de contrefaçon". Les douaniers sont formés pour reconnaître les colis à risque.

"Les maillots officiels Adidas doivent tous transiter par les Pays-Bas. Donc, quand on voit un maillot des diables rouges venir directement de Chine à destination d'un particulier en Belgique. Cet envoi est considéré comme un colis à risque et sera donc sélectionné par les douaniers.", explique Florence Angelici, porte-parole du SPF Finances. Un prix anormalement bas est également un autre critère de choix. Mais, les douanes ne sont pas responsables de la poursuite et de la destruction des articles contrefaits.

Ce sont les marques qui sont chargées d'identifier une contrefaçon. Dans le cas présent, c'est l'ABAC, l'association belge anti-contrefaçon, qui représente les intérêts d'Adidas en Belgique. L'organisation a proposé une transaction financière à Michel en lui demandant "de verser un montant de 250 euros à titre de compensation partielle des frais engendrés (examen des produits, ...destruction des produits)... et à titre de compensation partielle du dommage subi par le titulaire de droits dans cette affaire". En clair, il ne verra jamais la couleur de ses maillots et il risque de payer cinq fois plus cher.

J'hésite à payer

Après avoir négocié avec l'ABAC, Michel est parvenu à ramener ce montant à 50 euros. "J'hésite à payer. Je ne sais pas si l'ABAC va me traîner en justice pour un montant aussi peu important". Réponse de l'association : "Si un consommateur refuse de payer la compensation financière, nous en informons le détenteur de droit qui à ce moment précis dispose de l’opportunité d’intenter une action judiciaire par le biais de son conseil externe".

Depuis le début de l'année 2018, l'ABAC a déjà détruit plus de 430 produits de football contrefaits. L'an dernier, elle avait agi contre environ 5200 importateurs. Des chiffres qui sont bien plus importants si l'on additionne les statistiques des SPF Economie et Finances. Tous secteurs confondus, les saisies de l'inspection économique et des douanes représentent 1.100.000 articles en 2017.   

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