Zones de basses émissions à Bruxelles, Gand et Anvers en 2020: quels véhicules sont concernés ?

Les conditions d'accès pour les véhicules anciens seront durcies en 2020 à Bruxelles, Anvers et à Gand.
Les conditions d'accès pour les véhicules anciens seront durcies en 2020 à Bruxelles, Anvers et à Gand. - © Jonas Hamers / ImageGlobe

Ce 1er janvier 2020, un nouveau cap sera franchi à Bruxelles dans le cadre de l’extension des conditions de la zone à basses émissions. Les véhicules avec un moteur diesel Euro 3 ne pourront plus circuler librement sur le territoire de la Région bruxelloise. L’utilisation d’un véhicule diesel Euro 3 sera limitée à 8 jours maximum par an moyennant le paiement d’un forfait journalier de 35€. En l’absence de paiement du forfait, l’amende en cas d’infraction sera de 350 €. Une amende qui ne pourra être perçue que maximum une fois par trimestre.

Mais dans les faits, il y aura une période de transition jusqu’au 31 mars 2020. Rouler en Diesel Euro 3 en Région bruxelloise entre le 1er janvier et le 31 mars 2020 ne sera pas sanctionné. Vous ne devriez donc pas être verbalisé mais l’infraction fera l’objet d’un avertissement, dans un premier temps.

Cette interdiction ne porte pas sur le ring mais concerne toutes les voitures, les camionnettes, les bus et les camions qui circulent sur le territoire de la capitale. Les "oldtimers" (ancêtres), de plus de 30 ans et disposant d’une plaque spécifique bénéficieront d’une dérogation. Le but du durcissement est simple : diminuer la pollution automobile de la capitale.

La LEZ (Low Emission Zone) de Bruxelles est opérationnelle depuis 2018. L’identification des immatriculations se fait de manière automatique par caméras et les véhicules étrangers doivent obligatoirement faire un enregistrement préalable et gratuit.

226.000 véhicules diesel Euro 3 en Belgique

La norme Euro 3 concerne les voitures immatriculées en Belgique entre le 1er janvier 2001 et le 1er janvier 2006, qui sont essentiellement des véhicules diesel sans filtre à particules.

Si depuis l’entrée en vigueur de la zone de basses émissions à Bruxelles, le nombre de véhicules touchés par les restrictions était limité, l’arrivée de ces nouvelles normes impactera un nombre bien plus élevé de véhicules. La Febiac estime qu’il y a environ 226.000 véhicules de norme Euro 3 immatriculés en Belgique dont plus de 16.000 véhicules Euro 3 diesel à Bruxelles et plus de 73.000 véhicules immatriculés en Wallonie.

Une étape supplémentaire pour la région qui poursuit son plan de réduction de la circulation des véhicules les plus polluants. À l’horizon 2025, seuls les véhicules diesel aux normes Euro 6 et les véhicules à essence Euro 3 pourront circuler librement. Le durcissement des conditions d’accès aux routes bruxelloises ira donc crescendo. Voici les dates d’entrée en vigueur des interdictions de circulation en fonction des normes de moteurs à venir pour Bruxelles :

Diesel 2020 2022 2025
EURO 6 Autorisé Autorisé Autorisé
EURO 5 Autorisé Autorisé Non autorisé
Immatriculé avant le 1/9/15
EURO 4 Autorisé Non autorisé Non autorisé
Immatriculé avant le 1/1/11
EURO 3 Non autorisé Non autorisé Non autorisé
Immatriculé avant le 1/1/06
EURO 2 Non autorisé Non autorisé Non autorisé
Immatriculé avant le 1/1/01
EURO 1 Non autorisé Non autorisé Non autorisé
Immatriculé avant 1/1/97
Sans EURO Non autorisé Non autorisé Non autorisé
Immatriculé avant le 1/7/92
       

Essence

2020 2025  
EURO 6 Autorisé Autorisé  
EURO 5 Autorisé Autorisé  
Immatriculé avant le 1/9/15  
EURO 4 Autorisé Autorisé  
Immatriculé avant le 1/1/11  
EURO 3 Autorisé Autorisé  
Immatriculé avant le 1/1/06  
EURO 2 Autorisé Non autorisé  
Immatriculé avant le 1/1/01  
EURO 1 Non autorisé Non autorisé  
Immatriculé avant 1/1/97  
Sans EURO Non autorisé Non autorisé  
Immatriculé avant le 1/7/92  

Mais il n’y a pas qu’à Bruxelles que la chasse aux véhicules polluants se poursuit. Anvers a également instauré une zone basses émissions (LEZ) avec un accès restreint et payant pour les catégories de voitures les plus polluantes. Gand et Malines ont également installé une LEZ et d’autres villes flamandes se penchent sérieusement sur la question. En Wallonie, une vignette sera mise en place.

Anvers : véhicules Euro 3 interdits, redevance obligatoire pour les Euro 4

La zone basses émissions d’Anvers est active depuis le 1er février 2017 et s’applique sur tout le territoire de la commune à l’intérieur du Ring R1. Le contrôle se fait par caméras et les étrangers doivent s’enregistrer, sauf les Néerlandais. Les conditions y sont plus strictes qu’à Bruxelles puisque dès le 1er janvier 2020, seuls les véhicules aux normes Euro 5 pour le diesel et Euro 2 pour l’essence pourront accéder à la ville sans encombres.

En 2020, les véhicules Diesel Euro 4 devront payer une redevance pour circuler à Anvers et tous ceux Euro 3 ou inférieurs seront interdits. Pour les véhicules à essence et CNG, les voitures Euro 1 ou 0 seront interdites d’accès. En 2025, les conditions deviendront encore plus strictes. La circulation avec un véhicule Diesel Euro 5 nécessitera le paiement d’une redevance et elle sera interdite (sauf paiement après enregistrement pour certains véhicules) à partir d’Euro 4 en Diesel et Euro 2 en voitures essence et CNG.

La zone basses émissions d’Anvers concerne tout le territoire de la Métropole à l’intérieur du Ring R1. Pour les conducteurs belges et néerlandais l’immatriculation est automatiquement reconnue par les caméras de surveillance. Par contre, les conducteurs étrangers non néerlandais doivent impérativement enregistrer leur immatriculation avant d’accéder à Anvers.

Gand : instauration de la zone basses émissions le 1er janvier 2020

Et puis, c’est la nouveauté pour 2020, Gand instaure elle aussi sa zone basses émissions. Elle inclura toute la zone à l’intérieur du Ring R40. La vitesse dans cette zone est déjà limitée à 30 km/h. Quelques axes importants seront toutefois exclus de la LEZ.

Les voitures et utilitaires légers n’ayant pas au moins la norme Euro 2 en essence et Euro 5 en diesel ne pourront plus accéder à Gand dès le 1er janvier 2020. Les Diesel Euro 4 auront toutefois la possibilité de le faire moyennant le paiement d’une redevance (montant inconnu à ce jour). Les interdictions concernent également les véhicules avec une immatriculation étrangère.

Concrètement, cela signifie que les voitures diesel avec un moteur Euro 4 et les voitures à essence avec un moteur Euro 1 ne peuvent pas entrer dans le centre-ville sans payer. Quiconque ne remplit pas les conditions et pénètre dans la zone basses émissions sans autorisation risque une amende de 150 euros. En 2025, la LEZ passera à la vitesse supérieure et l’accès sera encore plus contraignant encore.

Et ailleurs dans le pays ?

En Wallonie, à partir du 1er janvier 2020, n’importe quelle commune wallonne pourra proposer à la Région d’instaurer une ou plusieurs zones de basses émissions sur son territoire. Une disposition qui pourra être prise de manière locale, ponctuelle ou permanente. Les contours de la mise en place de ces zones de basses émissions (ZBE) par les communes ne sont pas encore strictement définis. Le scénario qui tient la corde serait probablement l’introduction de demandes des communes pour des zones sensibles comme les alentours d’une école. A priori, il n’y aura pas pour le moment d’interdictions globales sur un territoire communal ou à l’échelle d’une ville dans son entièreté.

Namur et Eupen ont déjà démarré des projets pilotes avec différents scénarios pour limiter la pollution automobile comme le comptage des voitures et des mesures de taux de pollution sur le territoire et l’instauration. Il s’agit d’y mesurer l’impact de l’implantation de ZBE sur la concentration en polluants en milieu urbain. À l’intérieur de ces zones (ZBE), les véhicules les plus polluants seront progressivement interdits. La volonté du gouvernement wallon est de progressivement étendre le concept de ZBE à l’ensemble de la Wallonie pour 2030.

En Flandre, à part Anvers et Gand qui ont pris des mesures précises, le dossier de l’introduction d’une LEZ était sur la table du conseil communal de Malines. Cette commune, située à 20 km au sud d’Anvers comptait introduire, elle aussi, une zone de basses émissions à l’été 2020. Mais après une étude de faisabilité, Malines a décidé d’abandonner son projet de LEZ avec des restrictions globales sur le territoire et de s’orienter vers l’installation d’une "zone de qualité de l’air" avec leurs voisins de Willebroeck.

La Flandre délègue aux pouvoirs locaux l’autonomie pour délimiter des zones à faibles émissions. Il est donc possible pour chaque commune de définir les contours de sa politique communale en matière de lutte contre la pollution automobile. Actuellement aucune commune n’a activé de plan concret de limitation d’accès aux véhicules les plus polluants.

Mais certaines communes pourraient, par exemple, décider que seuls les véhicules électriques sont autorisés à circuler dans leur ville. Selon une enquête du VAB (Association des automobilistes flamands), 15 villes et communes envisagent sérieusement de créer une zone à faibles émissions. Ostende, Courtrai, Alost, Mortsel, Willebroek, Boom, Malines, Louvain, Vilvorde, Kraainem, Halle, Hasselt, Diepenbeek, Maasmechelen et Saint-Trond pourraient donc avancer avec des projets locaux et personnalisés pour limiter la pollution de l’air sur leurs territoires.

Restera à l’automobiliste qui roule avec une voiture qui n’est pas récente à retrouver son chemin dans le dédale des nouvelles mesures.

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