Zijn we in staat om Nederlands te spreken ?

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Hein ? Quoi ? J'comprends rien à ce que vous dites ! Parlez français ! Bon sang de bonsoir, godverdomme, voilà un sujet qu'on n'oserait jamais diffuser sur une chaîne flamande ! Le constat est affligeant : la capacité des francophones de notre communauté à parler néerlandais, et surtout leur motivation, font peine à voir. Yves Leterme avait-il raison ?

1996, Laurette Onkelinx, à l'époque ministre de l'Education : "Tous bilingues en 2001 !"

2006, Yves Leterme, à l'époque ministre-président du Gouvernement flamand : "les francophones sont-ils en état intellectuel d'apprendre le néerlandais ?"

A dix ans d'intervalle, ils avaient, tous les deux, tort : nous ne sommes pas "tous bilingues", pas plus en 2001 qu'en 2009. Par contre nous sommes bien "en état intellectuel d'apprendre le néerlandais" : il y a, fort heureusement, de nombreux exemples autour de nous. Mais ils sont encore trop rares.

Nul doute que bien des francophones font l'effort d'apprendre la langue de leur voisin, et qu'à l'inverse, de nombreux néerlandophones ont tendance maintenant à délaisser l'apprentissage du français au profit de l'anglais. Mais, globalement parlant, nos voisins du nord s'en sortent encore nettement mieux que nous sur ce plan.

Toutes les études portant sur la connaissance de ces deux langues nationales le prouvent : les Flamands nous battent à plate couture. Et d'autres chiffres confirment la tendance: 56% de réussite côté flamand aux tests de langue organisés par le SELOR, contre 37% seulement côté francophone. 7 candidats flamands sur 10 réussissent le test linguistique à l'examen diplomatique, contre 2 candidats francophones seulement, etc, etc.

Il ne faut pas se cacher la tête dans le sable : l'insinuation d'Yves Leterme était injurieuse, en tout cas peu élégante, pour le moins maladroite, mais à travers une ironie mal placée, n'a-t-il pas relevé un fond de vérité ? En termes (sans jeu de mot) plus appropriés : voulons-nous vraiment apprendre le néerlandais ?

Sorry maar... au vu de l'enquête menée par Annick Capelle et Patrick Lemy pour "Questions à la une", la réponse est clairement, majoritairement : non. Certains, fussent-ils demandeurs d'emploi, n'en voient même pas l'intérêt, d'autres ont un avis définitif sur une langue "qui n'est pas belle", point final, et les plus nombreux incriminent l'enseignement obligatoire.

Mais enfin, soyons honnêtes, vous qui me faites l'honneur de me lire et qui maîtrisez une, peut-être deux ou trois langues étrangères, où les avez-vous apprises ? Durant vos études primaires ou secondaires, dans des classes de 25 élèves où vous aviez la possibilité de vous exprimer, statistiquement, durant une minute par heure de cours ? Alors, vous êtes un génie. Parce que l'apprentissage d'une langue, c'est avant tout, un état d'esprit, une ouverture aux autres, une motivation, je dirais presque, de tous les instants : lire la presse étrangère, voyager, rencontrer des gens, participer à des tables de conversation, en gros, aimer se frotter à une culture différente.

Vouloir parler une langue étrangère et ne pas aimer la culture de celui qui la parle, comme le dit Jean-Pierre Gailliez, fondateur du Centre d'Animation en Langues, c'est de la schizophrénie. Et là, on touche à un problème profondément belge : nos dissensions communautaires nous permettent-elles de voir notre voisin comme quelqu'un d'autre qu'un adversaire ? Ik hoop van wel... anders hebben wij goede redenen om pessimistisch te zijn ...

Marc Bouvier, chef de production et responsable éditorial de "Questions à la une"

 

Ce mercredi à 20h20 dans "Questions à la une"

1/ Sommes-nous capables de parler néerlandais ?

2/ Bientôt, une seule langue pour le monde entier ?

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