Zakia Khattabi (Ecolo) : "Aujourd’hui, on est dans un autre monde en matière de climat"

Zakia Khattabi, ministre fédérale du climat, était l’invitée du Grand Oral RTBF/Le Soir ce samedi 19 juin sur La Première. Elle s’est exprimée sur la relance économique qui est en passe de s’opérer.

Pour elle, il faut prêter attention à ne pas retomber dans les travers du "monde d’avant". "Pendant la crise, nous nous accordions tous à dire : 'Il faut que ça change'. Force est de constater que le B.A.U., le business as usual, a tendance à revenir assez rapidement. Donc moi, je reste très attentive. Parce qu’effectivement, si on revient au business as usual, je crois que les dégâts démocratiques seront incontrôlables. Pour le moment, je lis beaucoup toutes les décisions que nous prenons, ou tous les engagements que nous avons pris et qui ne sont pas respectés à l’aune de l’enjeu démocratique".

La ministre du développement durable s’est également exprimée sur son désir de saisir cette opportunité pour agir au-delà d’une simple relance. "Dans le cadre des discussions budgétaires, je suis de ceux qui pensent que nous ne pouvons pas faire comme en 2008 et dire : 'Aujourd’hui, il faut retourner à l’austérité'. Le contexte global est positif, 5% de croissance, on ne s’y attendait pas. Maintenant, je pense que c’est une responsabilité de l’Etat d’investir pour booster mais aussi pour donner le ton de la relance".

Les enjeux climatiques

Sur la question du retour vers un "business as usual" et ses dits avantages, Zakia Khattabi pense qu’il faut rester prudent. "Le business as usual, c’est aussi le productivisme, l’industrie qui pollue, etc. A titre personnel, je pense qu’on peut, effectivement, booster l’emploi, booster l’économie, mais dans un nouveau monde.

Nous nous sommes engagés à des objectifs climatiques. Il faut être conséquent en la matière. Nous n’atteindrons pas ces objectifs si l’on ne décarbone pas la mobilité, si on n’investit pas dans les bâtiments, et tout ce qui s’ensuit".


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Le port du voile

La coprésidente d’Ecolo a également réagi à son homologue Rajae Maouane, qui comparait le port du voile et l’IVG, les plaçant comme combats similaires dans un processus d’émancipation de la femme. "Je ne partage pas la même conviction. C’est un désaccord que je peux avoir avec elle. Pourtant, je mène également un combat pour la liberté des femmes à disposer de leur corps, de porter le voile ou de ne pas le porter. Mais dans ce cas-ci, je ne me retrouve pas dans ce parallèle car il renvoie à mon sens à deux enjeux très différents".

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