Yves Coppieters : "On se rend compte qu'on est capables de contrôler cette épidémie"

Le nombre moyen d’infections au coronavirus était de 1809 par jour, sur la période comprise entre le 6 et le 13 février, indique Sciensano dans son bulletin épidémiologique quotidien. Cela représente une diminution de 20% par rapport à la période précédente. La situation s’améliore donc. Un bon moment pour relâcher la pression ?

"Si on regarde les indicateurs épidémiologiques positifs et les indicateurs négatifs en termes de santé mentale, de santé sociale, de santé économique et puis aussi de la non-continuité des autres problèmes de santé qui doivent être gérés au niveau de l’hôpital, je pense qu’il faut faire un équilibre", observe Yves Coppieters.

Sur le plateau du journal télévisé, le professeur de Santé publique à l’ULB poursuit : "Il ne faut pas que regarder les indicateurs positifs au niveau épidémiologique. Ce tableau de bord global doit prendre en compte tous les aspects de la société."

Lever le couvre-feu ?

Et d’interroger : "Est-ce qu’on est dans ce paradigme de cette gestion sanitaire sur un plan médical, épidémiologique ? Ou est ce qu’on est sur un paradigme plus global qui nécessite sans doute une reprise plus rapide de certaines activités à moindre risque ?"

Quant à savoir s’il faut lever le couvre-feu actuellement en vigueur, Yves Coppieters note que cette mesure est utile quand elle est "associée aux autres mesures" Selon lui, le couvre-feu "contribue à la gestion de l’épidémie actuellement".


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L’épidémiologiste nuance cependant sa réponse : "On sait que si on veut reprendre les activités culturelle ou sociale en soirée, il faut d’abord lever le couvre-feu. Donc je pense que c’est une mesure qui doit être rapidement levée pour voir quel est son impact. […] Si on relance les activités sociales, il faut d’abord avoir testé ce relâchement du couvre-feu, voir son impact et puis éventuellement faire des allers-retours si on voit que ça a un vrai effet sur les transmissions."

Pendant ce temps, la vaccination de la population continue. Le plus grand centre de vaccination de Belgique a ouvert ses portes ce mardi à Bruxelles. "Il y a déjà des premiers signes de l’efficacité de la vaccination, observe Yves Coppieters. Mais il y a quand même trois indicateurs qui restent bloqués : le taux de positivité à 5%, l’occupation des lits en soins intensifs à 16%. Il y a de la marge de manœuvre. […] Et le taux de reproduction qui flirte toujours autour de 1."

Malgré tout, note le professeur à l’ULB : "On est vraiment dans une situation stable depuis 14 semaines. C’est énorme. Donc, on se rend compte qu’on est capables de contrôler cette épidémie grâce à toutes les mesures. Ça, c’est une excellente nouvelle. […] Si on est capables, grâce au testing, grâce aux gestes barrière, de maintenir les choses, on peut peut-être lâcher certaines activités pour lesquelles les protocoles sont bien appliqués."

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