Y aura-t-il d'autres prix Nobel belges? Si oui, ce devrait être l'un d'eux

Y aura-t-il d'autres prix Nobel belges? Si oui, ce devrait être l'un d'eux
Y aura-t-il d'autres prix Nobel belges? Si oui, ce devrait être l'un d'eux - © Tous droits réservés

Dans la foulée du prix Nobel attribué du professeur émérite de l’ULB François Englert, la question se pose: y a-t-il déjà dans nos universités d’autres futurs prix Nobel? Petit tour d’horizon des projets de recherches qui font ou feront rayonner nos universités sur la scène internationale.

Du côté de l’ULB, l’alma mater du professeur Englert, on pointe plusieurs chercheurs qui, sans se prononcer sur la probabilité de les voir un jour décrocher le Nobel, sont déjà reconnus internationalement pour la qualité de leur travail.

Parmi ceux-ci, on compte notamment Cédric Blanpain. Ce dernier a été désigné par Nature, le magazine scientifique de référence, parmi les dix scientifiques les plus influents du monde en 2012, rien que ça.

Ce chercheur éminent de la faculté de médecine de l'université bruxelloise bénéficie d’ores et déjà d’une reconnaissance internationale pour ses recherches sur les cellules souches adultes et leur lien éventuel avec certaines formes de cancer. Il a par exemple développé des méthodes nouvelles pour marquer spécifiquement et isoler des cellules souches adultes de la peau. Ce qui rend possible l’étude de leur rôle dans la cancérisation.

Evolution du cerveau, conscience et théorie des cordes

Axel Cleeremans et ses collaborateurs émargent également au rang des scientifiques de l'université bruxelloise dont les travaux ont un écho au-delà de nos frontières. Dans leur quête pour comprendre les mécanismes de la conscience (entendue comme le ressenti que nous avons du monde, de nous-mêmes et des autres), ces as de la neurologie prennent comme point de départ une "théorie originale du rôle que jouent la plasticité cérébrale et l'apprentissage dans l'émergence de représentations conscientes", renseigne le site de l'ULB.

Toujours dans le domaine des neurosciences, les travaux du docteur Pierre Vanderhaeghen (lauréat du prix Francqui en 2011) sur l'origine de l'évolution du cerveau, constituent également une source de reconnaissance internationale pour l'université bruxelloise. Tout comme le sont les projets du directeur des Instituts Solvay, Marc Henneaux. Les travaux de ce dernier sur concentrent sur l'étude en profondeur des symétries de la gravitation et de la théorie des cordes. Le but étant d'en approcher une formulation complète.

A noter que tous les scientifiques précités sont lauréats d'un ERC grant, une bourse européenne qui constitue déjà en soi une reconnaissance prestigieuse dans le monde scientifique. Extrêmement sélectives, ces aides ne sont délivrées par le Conseil Européen de la Recherche qu'à des chercheurs qui constituent la crème de la crème du monde académique.

Mutation génétique, coma et privation de sommeil 

L'ULB n'a évidemment pas le monopole en la matière. Autre titulaire d'un ERC advanced grant, le vétérinaire de l'Université de Liège, Michel Georges. Ce dernier est internationalement reconnu pour ses travaux sur les processus de mutation et de recombinaison génétique. Toujours à l'université de Liège, on refait un détour par les neurosciences pour mettre en exergue les travaux de deux personnalités.

Et tout d'abord, ceux de Pierre Maquet. Ce neurologue est surtout connu pour ses travaux sur l’évolution des capacités cognitives et le fonctionnement du cerveau humain en état modifié de conscience, notamment lors de longues périodes de privation de sommeil. Des travaux qui lui ont valu le prix triennal de la Fondation Simone et Pierre Clerdent en 2012.

L’autre neurologue de stature internationale à exercer son talent en bord de Meuse n’est autre que Steven Laureys, directeur du Coma Science Group et titulaire, entre autre, du prix de la Cognitive Neuroscience Society 2007. Ses travaux les plus fameux sont ceux consacrés à l'étude des altérations de la conscience chez les patients "sévèrement cérébrolésés". Il s'agit d'états comme le coma, l'état végétatif, l'état de conscience minimale, l'état hypnotique...

Pour ce qui concerne les sciences biomédicales, on se rend cette fois à l'UCL où Patrice Cani et son équipe de chercheurs ont récemment découvert que la bactérie intestinale dite Akkermansia muciniphila joue un rôle primordial dans la protection contre le développement de l’obésité. En biochimie également l'université catholique de Louvain peut compter sur un représentant dont les travaux sont unanimement reconnus en la personne de Jean-François Collet. Co-fondateur du "Brussels Center for Redox Biology".Ce dernier dirige aujourd'hui une équipe d'une dizaine de chercheurs qui s'intéressent au "repliement des protéines et au stress oxydatif".

Cette liste d'illustres scientifiques n'est évidemment pas exhaustive mais elle permet de constater, dans le sillage du prix Nobel attribué à François Englert, que les universités francophones belges recèlent un potentiel reconnu internationalement dont on n'est pas toujours conscient en dehors du milieu académique.

Ju. Vl.

 

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