Woluwe-Saint-Lambert demande le placement rapide d'un sonomètre mobile supplémentaire

Woluwé-Saint-Lambert réclame un sonomètre supplémentaire sur la route du "virage gauche"
Woluwé-Saint-Lambert réclame un sonomètre supplémentaire sur la route du "virage gauche" - © Belga

Dans le potager communautaire de Woluwe-Saint-Lambert, au croisement de la rue de la Charrette et de la chaussée de Roodebeek, un sujet anime toutes les lèvres: le survol de la commune.

Ce ne sont pas moins de 45.000 avions qui passent par là chaque année et pour les habitants, s'en est trop. "Ca fait des années que je ne dors plus au-delà de 6h du matin. Ca commence à 6h01 ou 6h02 et parfois, il y en a un à la suite de l'autre. Un moment d’accalmie, puis ça recommence de nouveau", explique Thérèse, habitante de la commune. Et elle n'est pas la seule à témoigner dans ce sens, précise Grégory Matgen, échevin communal de l'environnement: "Sur les réseaux sociaux, on lit des témoignages de riverains qui se plaignent du bruit et du fait qu'ils sont tous les jours réveillés à 6h. Il peut parfois y avoir des centaines de commentaires qui vont tous dans ce sens".

Un sonomètre placé dans la zone de bruit la plus laxiste

A Woluwe-Saint-Lambert, un sonomètre est déjà installé avenue de l'Idéale, mais voilà, le 20 juillet dernier, le jugement tombe: le tribunal de première instance de Bruxelles - qui a donné une suite partiellement favorable à la Région et aux communes bruxelloises dans leurs actions en cessation environnementale initiées en juin 2016 par la ministre bruxelloise de l'Environnement, Céline Frémault (cdH) - déclare que les instances régionales ne disposent pas de données suffisantes pour démontrer l'existence des nuisances sonores, provoquées par l'utilisation intensive de cette route aérienne.

S'en est trop pour le collège communal qui demande à la ministre de l'Environnement, sur l'initiative de M. Maingain (DéFi) et de l'échevin de l'Environnement, Grégory Matgen (DéFi), le placement d'un sonomètre mobile supplémentaire.

Une question se pose du côté de la commune: les compagnies aériennes ne seraient-elles pas en train de dévier leurs trajectoires afin d'éviter le passage au-dessus du sonomètre déjà installé ?

Pour Philippe Touwaide, médiateur de l'aéroport Bruxelles-National, la réponse est non. Le sonomètre de Woluwe-Saint-Lambert est tout simplement mal placé et ne permet donc pas la perception des infractions (aux normes de bruit prévues par un arrêté du 27 mai 1999). "En partant de l'aéroport, il y a trois zones de bruit, précise le médiateur, 2, 1 et 0. 0 est la zone la plus lointaine de l'aéroport, c'est aussi là que les normes sont les plus strictes. La zone 2 a les normes les plus laxistes et il faut un certain niveau de nuisance sonore avant que l'on soit en infraction". Or, tout le problème du sonomètre de Woluwe-Saint-Lambert réside dans le fait qu'il est placé en zone 2. Les avions ont beau survoler cette zone, les compagnies aériennes ne sont pas sanctionnées, les normes n'étant pas assez strictes.

Nous réitérons les demandes faites depuis 2014 d'avoir un sonomètre mobile supplémentaire sur la route du virage à gauche empruntée par les avions décollant de l'aéroport de Bruxelles

"C'est justement la raison pour laquelle on en appelle à la ministre Céline Frémault. Nous réitérons les demandes faites depuis 2014 d'avoir un sonomètre mobile supplémentaire sur la route du virage à gauche empruntée par les avions décollant de l'aéroport de Bruxelles", explique Grégory Matgen. Dans son communiqué de presse, le collège communal précise encore qu'"un sonomètre "mobile" doit, par définition pouvoir être déplacé sur le territoire de la Région bruxelloise en fonction de l'évolution des différentes trajectoires d'avion".

Du côté du cabinet de la ministre bruxelloise de l'Environnement, Céline Frémault, on n'exclut pas l'installation de sonomètres supplémentaires, mais on souligne que cela dépendra des résultats d'une étude qui est en cours. "Cette analyse donnera une indication quant aux éventuels ajustements à faire sur le réseau de sonomètres, cela vaudra pour Woluwe-Saint-Lambert comme pour les 18 autres communes bruxelloises", indique un porte-parole de la ministre.

Woluwe-Saint-Lambert se trouve sur une des routes les plus utilisées par les compagnies aériennes. Entre 150 et 170 avions survolent la commune par jour - un hasard des destinations - puisque c'est par là que l'on passe lorsqu'on se rend vers l'Autriche, l'Allemagne, l'Italie, la Grèce, la France, la Tunisie, la Turquie, l'Asie et l'Afrique.

 

 

 

 

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