Le "whitewashing" ou comment remplacer les personnages de couleur par des blancs

Disney a été accusé de whitewashing pour avoir "blanchi" et changé les traits de la princesse Tiana dans "Ralph 2.0".
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Disney a été accusé de whitewashing pour avoir "blanchi" et changé les traits de la princesse Tiana dans "Ralph 2.0". - © Disney

Il y a quelques mois, la bande-annonce de « Ralph 2.0 » des studios Disney avait été vivement critiquée. La cause ? Le whitewashing de la princesse Tiana.

A l’origine issue du film « La princesse et la grenouille », Tiana est une jeune femme afro-américaine. Mais dans le nouveau film de Disney où elle est également présente, la princesse a été redessinée, avec une couleur de peau plus claire. Certains ont même accusé la célèbre entreprise d’avoir donné des traits plus « européens » à un personnage qui n’est censé avoir aucune origine du vieux continent.

Mais la princesse de Disney n’est qu’un exemple parmi d’autres. Les personnages censés être noirs mais représentés par des personnages blancs sont courants dans l’art occidental et ce n’est pas un phénomène récent.

Le whitewashing à la mode durant la Renaissance

Les tableaux de la Renaissance dépeignaient déjà des femmes noires comme étant blanches. Andromède en est l’exemple le plus criant. Ce personnage de la mythologie grecque est une princesse Éthiopienne. Pourtant, elle apparaît très souvent presque aussi blanche qu’une aspirine. Dans les légendes antiques, Andromède est décrite comme étant d’une immense beauté. Mais une couleur de peau foncée ne faisant pas partie des critères de beauté à l’époque, les peintres de la Renaissance ont préféré omettre la véritable couleur de peau de la princesse éthiopienne.

Ce personnage est également présent dans le film de 2012 « La colère des Titans ». C’est pourtant Rosamund Pike qui l’interprète. L’actrice est blonde à la peau blanche et est loin d’avoir des traits éthiopiens.

L’histoire se répète avec la reine de Saba. Ce personnage biblique provenant également de l’actuelle Éthiopie est censé être noire de peau. Dans l’Ancien Testament, elle se décrit d’ailleurs elle-même comme noire. Pourtant, dans beaucoup d’œuvres, elle est représentée comme une femme à la peau blanche.

Un phénomène qui continue encore aujourd’hui

Aujourd’hui, le 7e art n’est pas en reste. Dans le film « Gods of Egypt », la quasi-totalité du casting est constituée d’acteurs blancs ne présentant aucun trait égyptien. Angelina Jolie a, quant à elle, été choisie pour jouer le rôle d’une femme noire de peau dans « Un Cœur Invaincu ». Dans « Ghost in the Shell », adaptation cinématographique d’un "anime" japonais, l’héroïne asiatique est jouée par Scarlett Johansson. Ce film avait d’ailleurs été beaucoup décrié.

Ces polémiques sur le whitewashing posent la question de la diversité au cinéma. Hollywood reste assez « blanc ». 70% des personnages dans les films américains ont la peau blanche. Dans le cinéma français aussi, le nombre de rôles attribués à des personnes de couleur reste minime.

Pourtant, la diversité pourrait rapporter puisque selon une étude américaine, les adolescents préféreraient les films représentant les différences au sein de la société.

 

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