Water-polo: fin de la mixité chez les jeunes afin d'éviter les contacts problématiques

Water-polo: la fin de la mixité chez les jeunes fait débat
Water-polo: la fin de la mixité chez les jeunes fait débat - © ANDREJ ISAKOVIC - AFP

La décision que doit prendre ce mercredi la Fédération Royale Belge de Natation fait beaucoup de vagues dans le milieu du water-polo belge. La FRBN doit se prononcer sur la suppression des équipes mixtes lors des compétitions de water-polo chez les jeunes (U13, U15 et U17)

La demande émane de la Fédération Francophone Belge de Natation dont l'assureur indiquait récemment qu'il ne pourrait couvrir "les éventuels problèmes à caractère sexuel". 

Ethias a entre temps rectifié sa position, assurant la couverture en cas d'incidents du genre. Des incidents rares voire inexistants, des dires des principales intéressées.

Un contact malsain

Vu leur nombre, si elles veulent pratiquer leur sport, les adolescentes adeptes du water-polo doivent intégrer une équipe mixte. Et à un certain âge, cela devient problématique, explique Paul Evrard, président de la Fédération Francophone Belge de Natation: "A 17 ans, certains garçons sont déjà des malabars d'un mètre 95, c'est un contact qui n'est pas très logique et très naturel. Je ne m'oppose pas à la mixité des 13 ans, ce sont des adolescents avec une morphologie relativement semblable. Cela n'a rien à voir avec le développement du water-polo à 17 ans".

Incompatibilité physique et problème "éthique", entendez d'ordre sexuel, pourraient aboutir à des plaintes et la FFBN ne veut prendre aucun risque.

Des sportifs, là pour faire du sport

Tara Sarno, est coach et membre de l'équipe dames de water-polo à La Louvière. Plus jeune, elle a évolué dans des équipes mixtes et cela n'a jamais posé le moindre problème: "Aucun incident au sein de mon club de La Louvière et je n'ai jamais entendu que c'était arrivé ailleurs. Ce sont des sportifs avant tout, ils sont là pour faire du sport, s'ils avaient autre chose à faire, ça n'est certainement pas dans une piscine qu'ils le feraient, a fortiori en faisant du water-polo, un sport qui demande des exigences physiques énormes..."

Risque d'exclusion des filles

De plus, interdire la mixité reviendrait, dans de nombreux cas, à priver les filles de leur sport, étant trop peu nombreuses pour s'affronter entre elles. "Il y a énormément d'équipes, et je pense particulièrement aux clubs néerlandophones, qui n'ont pas assez de filles pour créer une équipe dames, elles, risquent de perdre le sport", déplore Tara Sarno.

Pour éviter d'en arriver là, les différents fédérations étudient entre autre la possibilité de regrouper les différentes catégories d'âge, dans le cadre d'un championnat féminin des plus jeunes. La Fédération Royale Belge de Natation communiquera sa décision ce jeudi.

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