Vous ne pouvez pas travailler à cause du coronavirus en Belgique, qui va vous payer, et combien?

La Sonaca à Charleroi s'apprête à mettre aujourd'hui ses travailleurs en chômage temporaire face à la crise sanitaire, pour "cas de force majeure".

La première situation c’est celle où malheureusement vous êtes contaminé par le Covid-19. A ce moment-là, c’est la mutuelle qui vous prend en charge. Ce sont les mêmes dispositions juridiques que lors d’un congé maladie courant.  L'employé a  droit à 30 jours de salaire garanti à charge de son employeur, l'ouvrier aussi mais à concurrence de :

  • 100 % de la rémunération brute pour les 7 premiers jours calendrier ;
  • 85,88 % de la rémunération brute du 8ème au 14ème jour calendrier ;
  • 25,88 % de la rémunération brute plafonnée + 85,88 % de la partie de la rémunération brute au-dessus du plafond pour la période du 15ème au 30ème jour calendrier.

Vous êtes placés en quarantaine, c’est une force majeure

Si en revanche, vous n’êtes pas malades mais que, pour des raisons de sécurité vous êtes placés en quarantaine, par exemple si vous revenez du Wuhan ou de Lombardie, la situation est un peu différente.


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Dans ce cas de figure, vous ne pouvez quand même pas vous rendre au travail. Et votre contrat peut s’en trouver suspendu. Vous tombez alors dans ce que l’Onem appelle " le chômage temporaire pour force majeure ". C’est alors cet organisme qui prend la relève et vous verse votre rémunération, qui correspond à la dernière rémunération perçue chez l'employeur qui met le travailleur en chômage temporaire. La rémunération prise en compte est toutefois plafonnée à un montant maximal de 2.671,37€ par mois.


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L’Onem précise toutefois qu’il faut un vrai risque de contagion pour appliquer la force majeure. Il ne suffit pas d’être allé en vacances dans une zone à risque ou juste d’avoir déjeuné avec un ami qui reviendrait de Chine pour que votre employeur suspende votre contrat. "Les entreprises qui prennent des mesures préventives afin d’éviter que leurs travailleurs soient contaminés par le coronavirus, ne peuvent pas demander de chômage temporaire pour force majeure", explique l’Onem.

Dans ce cas, c'est en principe l'entreprise qui doit prendre en charge votre salaire complet.

Mais, le cas de force majeure peut s’appliquer, si, par exemple: vous revenez de vacances, d’une zone qui n’est pas considérée comme zone à risque, vous retournez travailler et montrez les premiers signes d’infection. Vous représentez alors un risque de contagion pour vos collègues. Dans ce cas, si l’employeur est obligé d’assigner tout le monde à résidence, la " force majeure […] peut-être demandée ", dit le site de l’Onem. Autrement dit, pas sûr qu’elle s’applique mais l’Onem examinera le cas.

Mon entreprise ne peut plus travailler

L’entreprise pour laquelle je travaille est impactée par le coronavirus. Enfin son activité. Alors là deux cas de figure possibles.


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  1. Votre entreprise ne peut plus travailler pour des raisons externes. Prenons un exemple, vous travaillez dans une entreprise qui fabrique des vêtements. Mais le tissu avec lequel vous travaillez provient de Chine. La Chine étant au ralenti depuis le début de l’épidémie, de nombreux vols étant annulés ou pire encore l’entreprise avec laquelle vous collaborez en Chine ferme. Dans ce cas, en tant qu’employeur, vous pouvez invoquer " la force majeure" pour suspendre certains contrats directement impactés. C’est donc à nouveau l’organisme de chômage qui prend le relais et rémunère temporairement vos employés.
  2. Votre activité est ralentie indirectement à cause du coronavirus. Par exemple, vous êtes une agence de voyages et la plus grosse part de votre activité consiste en des voyages à Milan ou Turin. De toute évidence, votre activité risque d’être impactée. Vos clients peuvent se faire plus rares " en raison de la crainte d’une contamination par le coronavirus ", dit l’Onem. Dans ce cas, vous pouvez recourir " au chômage temporaire pour raisons économiques ". L’entreprise devra donc s’adresser directement auprès de l’Onem.

L’organisme précise toutefois que si l’entreprise " ne répond pas encore aux conditions préliminaires, elle peut introduire une demande auprès du ministre de l’Emploi pour être reconnue comme entreprise en difficultés sur la base de circonstances imprévisibles qui entraînent, sur une courte période, une diminution substantielle du chiffre d’affaires, de la production ou du nombre de commandes ".

Journal télévisé du 03/03/2020

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