Vous n'avez rien suivi sur la polémique des castors près de Walibi? On vous explique

Vous n'avez rien suivi sur la polémique des castors près de Walibi? On vous explique
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Vous n'avez rien suivi sur la polémique des castors près de Walibi? On vous explique - © VIRGINIE LEFOUR - BELGA

Des castors qui menacent un loup garou? Des ministres wallons qui s'en mêlent? Des internautes scandalisés? Il y a de quoi y perdre son (bestiaire) latin. Retour en quatre actes sur une polémique environnementale.

Acte I: des castors au pied du Loup Garou

Fin de l'hiver, comme d'autres parcs d'attraction, Walibi sort de son hibernation. Le parc d'attraction installé à Wavre, en Brabant wallon, se prépare à ouvrir ses portes ce premier avril. Remise à neuf des infrastructures, vérification des montagnes russes... la routine pour Walibi. Sauf que cette année, des castors ont été repérés à proximité du site. Comme dans une bande dessinée de Yakari, les petits rongeurs se sont attaqués aux arbres environnants. 

"Le castor aime l'arbre qui est tendre et encore vivant. Il commence par tailler le contour en attaquant l'écorce car c'est là que se trouvent toutes les ramifications de l'arbre. Ce qui fait que l'arbre meurt dans les mois qui suivent", expliquait en début de semaine Benoît Gustin, en charge des espaces verts dans le parc, au micro de la RTBF.

Si le Loup Garou, une montagne russe en bois, ne risque pas de se faire ronger par les castors, la direction de Walibi craint plutôt la chute d'un arbre. Marie-France Adnet, porte-parole de Walibi l'assure : "Le bois est traité pour qu'aucun rongeur ne puisse venir l'endommager. L'attraction en elle-même ne risque rien. Tout ce qui pourrait l'endommager, c'est la chute d'un arbre dessus".

Le rôle de Walibi s'arrête-là. C'est le Département de la Nature et des Forêts (DNF) qui prend le relais. Celui-ci affronte un problème né il y a presque 20 ans. En 1998, un Belge, Olivier Rubbers, réintroduit sans autorisation une centaine de castor à la frontière belgo-allemande. Un procès contre cet amoureux des castors n'y changera rien: les petits animaux se propagent partout en Belgique. Au point que, selon des chiffres de Natagora cités par LaLibre.be, "la population actuelle en Wallonie se situe entre 600 et 1000 castors répartis en 250 territoires recensés".

Comme il n'y a "pas de solution alternative" selon la DNF, autorisation a été donnée d'euthanasier les castors walibiens. Une mission assurée en principe par la cellule piégeage des rats musqués. Pourtant, les castors font partie des espèces protégées au niveau européen par la Convention de Berne signée en 1979 (voir la page 58 du PDF de la Convention disponible en cliquant ici).

Acte II : Pairi Daiza et les réseaux sociaux s'en mêlent

Un autre parc entre dans la danse: Pairi Daiza qui propose aussitôt d'accueillir les castors sur ses terres entre Mons et Ath. La proposition publiée sur la page Facebook du Jardin des Mondes récolte des milliers de "likes" et de commentaires enthousiastes des défenseurs de la nature.

Sur notre page Facebook RTBF.be/info, vous êtes des dizaines à faire barrage (comme les castors... qui construisent des barrages... vous l'avez?). Si un internaute suggère malgré tout de les manger parce que "le temps est magnifique pour un barbecue", d'autres demandent que "pour une fois l'humain [s'adapte] à l'animal et non le contraire". De nombreux messages vont dans le même sens : "Ils ont droit à la vie" ; "Et si on exterminait Walibi".... Plusieurs pétitions sont lancées pour les sauver, dont une sur le site change.org qui a récolté quelque 2270 signatures.

Acte III: On ne se débarrasse pas des castors comme ça

Les castors se sentent bien en Brabant wallon. Et surtout le long de la Dyle, le cours d'eau qui traverse Wavre et ses communes environnantes. Les déplacer à Pairi Daiza n'y changera rien, assure l'association de protection de la nature Natagora.

"Les castors sont en effet implantés tout le long de la valléeTant qu'une famille est installée, elle garde sa zone et empêche de nouvelles implantations". Dans un communiqué, Natagora précise : "Au vu de l'état actuel de saturation des bassins et au vu de la dynamique des populations, les sites potentiels seront tous, à plus ou moins brèves échéances, naturellement recolonisés".

Natagora suggère alors à Walibi de "valoriser cette présence et en profiter pour informer les familles qui visitent le parc".

Autre solution, apportée par Philippe Funcken, le directeur de Natagora, ce mercredi matin sur les ondes de Vivacité: "Sécuriser tous les arbres à la base, c'est-à-dire poser un petit manchon de grillage jusqu'à un mètre de hauteur pour éviter que les castors ne puissent ronger la base des arbres". Mais il semblerait que cela a déjà été fait... "Si pour certains arbres ça ne marche pas, on peut envisager de couper les arbres qui posent vraiment problème [...] de manière préventive pour garantir la sécurité", ajoute Philippe Funcken.

Acte IV: la polémique prend un tour politique

Dès lundi, Carlo Di Antonio, ministre wallon en charge du bien-être animal, salue le geste de Pairi Daiza. Quant à René Collin, ministre wallon de l'Agriculture, il indiquait mardi via son porte-parole avoir "demandé à son administration de prendre toutes les mesures nécessaires pour ne pas abattre [les castors]". Et ce alors que le même René Collin veut ajouter le castor à la liste des espèces chassables. Pour La Ligue de protection des oiseaux, ces voix discordantes relèvent de "l'hypocrisie".

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