Vous dormez moins que votre conjoint? "C'est tout à fait normal"

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La durée de sommeil des Français est de 6 heures et 42 minutes en moyenne. Voici le résultat du baromètre de Santé publique France paru cette semaine et relayé par plusieurs médias de l’Hexagone. En Belgique aussi, le « mal dormir » semble se répandre comme une traînée de poudre. Pourtant, les chiffres sont à relativiser car dormir peu ne veut pas forcément dire dormir mal.

« Les Français ne dorment pas assez. […] Le temps de sommeil passe pour la première fois en dessous des 7 heures minimales recommandées depuis la création du baromètre il y a 15 ans », raconte un journaliste de France Inter.


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Il est clair que nous semblons aujourd’hui bien loin des 8 heures de sommeil prescrites çà et là sur internet et les réseaux sociaux.

Un mythe

Pourtant, si nos voisins n’ont, semble-t-il, jamais dormi aussi peu, ce n’est pas forcément une raison de s’alarmer. C’est l’avis de Gimbada Benny Mwenge, docteure en médecine du sommeil aux Cliniques universitaires de Saint-Luc : « La nécessité de dormir entre 7h30 et 8 heures par nuit est un mythe », indique-t-elle. « En réalité, il s’agit du temps de sommeil moyen dont a besoin la plus grande partie de la population. » On estime aujourd’hui que 60% des individus se trouvent dans ce créneau.

Et les 40% restants dans tout cela ? Ce sont ceux qui ont besoin, soit de périodes de sommeil inférieures à 7h30, soit supérieures à 8 heures. Ils sont considérés comme les « petits » et « grands » dormeurs. « Si vous dormez moins de 7 heures et que vous vous sentez en forme au réveil, c’est que vous avez assez dormi et c’est tout à fait normal », insiste la pneumologue spécialisée dans le sommeil.

Une génétique immuable

D’autant que le besoin de sommeil minimal provient de nos aïeux : « Il y a une prédisposition génétique à être petit ou grand dormeur. Un bon ou un mauvais sommeil dépend simplement de la manière dont on va gérer ces prédispositions. » Benny Mwenge invite à « écouter son corps » plutôt que compter les heures de sommeil, d’autant qu’il n’y a pas moyen de modifier la génétique.


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Se réveiller après une nuit de six heures n’est pas problématique. Si vous estimez être en forme, c’est que vous n’avez pas besoin de dormir davantage.

Halte aux comparaisons

Les comparaisons avec son conjoint ou ses amis sont aussi un mauvais allié lorsqu’on parle de sommeil. Car comme c’est la génétique qui décide combien de temps vous devez passer dans les bras de Morphée, il se peut que votre moitié et vous soyez respectivement « petits » et « grands » dormeurs. « Regarder le sommeil de l’autre et voir comment l’autre dort est inutile », plaide la spécialiste.

« On naît comme ça, chacun est comme il est mais il faut savoir s’auto-évaluer pour appliquer les bonnes pratiques pour soi-même », martèle-t-elle. Les bonnes pratiques résident surtout dans l’adaptation à l’autre. Si votre conjoint dort plus que vous, vous pouvez décaler l’heure du coucher ou du lever. « Je conseille plutôt d’aller dormir plus tard pour quand même se réveiller avec le soleil. C’est meilleur pour les hormones », glisse le Dr. Mwenge.

Pas la peine de s’obliger à aller dormir en même temps ni de jouer à « celui qui dort le plus gagne », il n’y a pas de « meilleur » temps de sommeil hormis celui qui est le vôtre.

Un Belge sur quatre dort mal 

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