Votre enfant écrit de plus en plus mal ? Voici des conseils pour y remédier

Faut-il profiter des vacances pour entraîner les petits doigts, remplir des pages et des pages dans des cahiers d’écriture ? Question que vous vous posez peut-être, après avoir aperçu les dernières pages du journal de classe ou les examens du petit chérubin. La méthode "forte, à l’ancienne" n’est pas celle que conseillent les graphothérapeutes.

Toutes les lettres de l’alphabet ne se valent pas. Certaines sont beaucoup plus compliquées à maîtriser. Madame Nathalie le remarque très clairement dans sa classe de première primaire, à l’école Sainte-Waudru de Frameries. "Certains enfants écrivent le a, le o, le e à l’envers. Le maniement du crayon leur pose aussi des problèmes". Même son de cloche chez sa collègue de P4, Madame Patricia. "Régulièrement, je fais venir des enfants près de mon bureau. Je leur demande ce qu’ils ont voulu écrire, car je ne sais pas déchiffrer ! Et je serais incapable de tenir mon crayon comme certains Comment font-ils ?"

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Madame Patricia (P4) et Madame Nathalie (P1) - Ecole Sainte-Waudru (Frameries) © Charlotte Legrand

Pour ces deux enseignantes, les difficultés d’écriture s’expliquent par différents facteurs. "La vitesse. Ils font tout de plus en plus vite", estime Madame Patricia. "On se dépêche, hop hop hop. On ne soigne plus son écriture. Ce n’est plus important". Pour Madame Nathalie, le confinement a aussi laissé des traces. "Des mois d’arrêt, cela a causé des lacunes". Et les tablettes ? "Ah mais oui ! Ça aussi, bien sûr !", répondent-elles en chœur. Quand elles ne parviennent pas à résoudre certains soucis, en classe, elles conseillent aux parents d’aller voir une graphothérapeute.

Des problèmes plus précoces

Sylvie Jassin exerce ce métier. Elle est installée à Jurbise. "Avant, j’aidais surtout des enfants à partir de la troisième primaire, car à ce stade le niveau d’écriture s’accélère", nous explique-t-elle. "Ces derniers mois, j’ai toutefois été contactée pour des enfants de 2e primaire. Je me suis rendu compte que le confinement avait stoppé leur apprentissage de l’écriture. Ils s’étaient retrouvés à la maison, avec moins d’activités, et des parents qui faisaient de leur mieux, évidemment, mais n’étaient pas des professeurs". Résultat : des petits "symptômes" qui se manifestent plus souvent qu’avant. "D’abord, au niveau de la posture. Certains enfants écrivent affalés sur leur bureau". Cela révèle un manque de tonus, de musculature.

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"Pendant le confinement, on a moins bougé, beaucoup d’activités ont été stoppées !". Deuxième symptôme : la "pince". "C’est la façon de tenir son crayon, entre le pouce et l’index". Chez certains écoliers, le crayon se retrouve coincé entre deux doigts "tarabiscotés".

La position instable induit une écriture peu lisible. Là encore, il faut "réapprendre". "Cela peut aller vite, grâce à des petits exercices à faire à la maison. Pas plus de dix minutes par jour ! Après 3, 4 séances, on peut déjà rattraper pas mal de choses", poursuit Sylvie. "Parfois cela demandera plus de travail".

Tout sauf des exercices à la chaîne

Comment aider son enfant? Institutrices comme graphothérapeutes, elles sont toutes d’accord. Forcer à remplir des pages et des pages, dans des cahiers d’écriture, sera contre-productif. "Si c’est pour braquer les enfants, ce n’est pas la peine ! Ecrire doit rester un plaisir, quelque chose de ludique", insiste Madame Patricia.

Elle conseille des activités comme le jeu du pendu. "Ou des jeux de société !", renchérit sa collègue. "Des jeux de cartes, par exemple, lancer un dé, déplacer des pions". Tout cela permet de se repérer dans l’espace, d’attraper de la dextérité. Sylvie Jassin ne dit pas autre chose : "Il faut laisser les enfants jouer. Les parties de Monopoly, Uno… Tout cela va mettre en place tout ce dont on a besoin pour, ensuite, écrire. Ce n’est pas aux parents d’avoir le rôle de professeur". 

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© pxhere

Manipuler de la pâte à modeler, enfiler des perles, coudre sont autant d’activités manuelles qui musclent la main, affinent la précision des mouvements. Et si vous êtes à la plage, rien de plus simple : "Ecrire dans le sable, c’est parfait pour s’entraîner, et tellement plus agréable que d’écrire dans un cahier…", conclut notre spécialiste.

"Mollo" en revanche sur les activités sur tablettes. "Cela a son intérêt car cela exerce tout le côté visuel chez l’enfant. Mais le positionnement des mains n’est pas du tout pareil que lorsqu’on écrit".

Pour se tenir correctement, enfin, direction la plaine de jeux ou le centre sportif. "En grimpant sur des cages à poules, en escaladant, les enfants vont se muscler et ce sera très bénéfique à leur maintien général, y compris lorsqu’ils écriront".

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