Volvo parie sur l'avenir et offre un congé parental de six mois à ses salariés, y compris en Belgique

Le congé parental a connu un succès grandissant avec la pandémie de Covid-19 et certaines entreprises comme Volvo ont décidé de passer à la vitesse supérieure. L’entreprise suédoise propose un congé parental rémunéré de six mois à ses 40.000 collaborateurs à travers le monde, y compris en Belgique. La proposition baptisée "family bond" entre en vigueur ce 1er avril et ce n’est pas un poisson.

La législation belge

Aujourd’hui en Belgique, les travailleurs du privé et du public, hommes ou femmes, ont droit à un congé parental dès lors qu’ils ont travaillé 12 mois sur les 15 derniers dans une entreprise. Ils peuvent fractionner ce congé parental jusqu’à ce que leur enfant ait 12 ans et choisir une formule, ou réaliser un mix entre 4 mois de congé parental à temps plein, 8 mois à mi-temps, 15 mois à 1/5e ou 40 mois à 1/10e temps.

Cette forme d’interruption de carrière donne droit à une allocation payée chaque mois par l’Onem (à ne pas confondre avec le crédit temps). Il succède au congé de maternité de 15 semaines prévu pour les mères et au congé de naissance des pères, porté à 15 jours depuis le 1er janvier dernier (il passera à 4 semaines le 1er janvier 2023).

Favoriser un rôle parental égal entre les deux parents

La proposition de Volvo (en latin "je roule", ndlr) va dès lors plus loin que la législation belge puisque le groupe automobile suédois propose un congé parental de 24 semaines (6 mois), payé par l’entreprise à 80% du salaire de base. Tant le père que la mère peuvent y accéder. Chez Volvo Cars toutefois, le congé doit être pris dans les 3 premières années de la parentalité.

Dans un communiqué, le président et administrateur délégué de Volvo, Håkan Samuelsson, insiste : "Nous souhaitons instaurer une culture qui favorise le partage égal du rôle parental pour les hommes et les femmes. Lorsque les parents sont soutenus pour concilier les exigences de leur vie professionnelle et de leur vie familiale, cela contribue à réduire l’écart hommes femmes et permet à chacun d’exceller dans sa carrière."

480 jours de congé parental en Suède

Le groupe automobile s’inspire de la législation en vigueur en Suède où la politique de congé parental est l’une des plus avantageuse au monde avec 480 jours (près de 16 mois) à se partager entre les deux parents, la plupart indemnisés à 80%. Dans le cas de Volvo, l’entreprise veut toucher le personnel quel que soit le pays où il se trouve, aussi bien en Suède qu’en Chine, aux Etats-Unis ou encore… à Gand en Belgique pour citer ces exemples.

Volvo, qui emploie actuellement quelque 75% d’hommes, a mené depuis 2019 un programme pilote en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique, testant la mesure auprès de ses vendeurs. Il en résulte que 46% des congés ont été pris par des pères.

Parier sur l’avenir

"Bien sûr cela va nous coûter de l’argent mais nous voyons ça comme un investissement de long terme", plaide la directrice des ressources humaines du constructeur, Hanna Fager, dans un entretien à l’AFP. "Ce sont les gens qui font la différence donc nous avons besoin de continuer à attirer les talents", conclut-elle.

Volvo n’est cependant pas la seule entreprise à aller dans cette direction. Avant elle en Suède, le géant mondial de la musique en streaming Spotify avait pris une mesure similaire. D’autres sociétés comme Novartis ont de leur côté instauré un congé parental de 14 semaines accessible aux pères dans tous les sites du groupe. Dans ce cas-ci, l’entreprise complète l’allocation versée par l’Onem pour que l’indemnité perçue corresponde à 100% du salaire mensuel de base. En Belgique, la mesure est entrée en vigueur il y a an. 42 femmes et 19 hommes y ont eu recours sur les 2000 personnes que compte l'entreprise chez nous.


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Petit à petit, les lignes bougent et l’on constate par ailleurs que la pandémie de coronavirus a également contribué à gonfler les demandes de congé parental. Selon des statistiques publiées par l’Office National de l’Emploi, l’ONEM, 90.339 allocations d’interruption pour congé parental ont été octroyées cette année, contre 68.688 en 2019, soit une hausse d’un peu plus de 31%. Et les demandes pour les premiers mois de cette année 2021 sont déjà supérieures à celles des deux premiers mois de 2020.

La tendance semble donc se confirmer. L’on observe également que les femmes sont plus nombreuses à y recourir et, si la formule séduit dans les trois Régions du pays, elle est particulièrement appréciée en Flandre.

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