En avion, vous êtes exposés à des "rayons cosmiques": quels risques pour la santé?

Vol d'avion : connaissez vous les rayons cosmiques ?
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Vol d'avion : connaissez vous les rayons cosmiques ? - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Les vacances approchent à grand pas. Et vous serez nombreux sans doute à prendre l’avion pour rejoindre votre destination. Mais saviez-vous que lors de chaque trajet aérien, vous vous exposez à ce qu’on appelle des rayonnements cosmiques ?

Le rayonnement cosmique est un rayonnement ionisant provenant de l’espace. Les étoiles et le soleil, par des éruptions solaires, libèrent des rayons radioactifs.

A la surface du sol, nous sommes doublement protégés contre ces rayons cosmiques. D’une part, la majeure partie de ceux-ci est retenue et absorbés lors de leur passage par l’atmosphère terrestre, et, d’autre part, le champ magnétique terrestre dévie les particules cosmiques.

Ces rayons radioactifs ne sont pas sans risque pour l’homme. Plus l’on s’élève en altitude, plus la protection de l’atmosphère devient moins effective… La latitude joue aussi un rôle. En se rapprochant des pôles, la protection des champs magnétiques diminue. C’est d’ailleurs les particules en provenance du soleil qui sont à l’origine du phénomène des aurores boréales dans les pôles "La terre n’est pas parfaitement ronde, explique Maxime Wauters, pilote pour une compagnie aérienne privée. On estime approximativement la couche de protection de 15 km au niveau de l’équateur et de seulement 9 autour des pôles. C’est pour cela que les pôles sont plus sensibles."

Les passagers occasionnels courent très peu de risque. Par exemple, un passager d’un vol Bruxelles-New-York à 11.000 mètres d’altitude recevra une dose équivalente à une radiographie dentaire panoramique, à savoir 0,032 millisievert (ndlr. le Sievert est l’unité utilisée pour donner une évaluation de l’impact des rayonnements sur l’homme en un temps donné). Une exposition faible… qui augmente pour le personnel de navigation aérienne.

Soumis à des centaines d’heures de vol par an, les membres d’équipage doivent se soumettre chaque année à des contrôles. Les compagnies aériennes relèvent avec précision un ensemble de données pour connaître la dose exacte de radiation subie par un employé. "Auparavant, le calcul se faisait de manière très théorique", explique Christophe Sambre, pilote et membre de BECA, l’association des pilotes d’avion belges. "Aujourd’hui, il existe des logiciels qui calculent précisément la dose d’exposition. Les algorithmes tiennent compte de nombreux éléments comme l’altitude, l’itinéraire mais ils prennent en compte aussi le passif de la personne et même des éruptions solaires qui ont un effet sur les rayons cosmiques."

Il existe une réglementation européenne pour protéger la santé des travailleurs. Celle-ci fixe la limite d’exposition pour les personnes professionnellement exposées aux rayonnements ionisants à 20 millisievert (mSv) par an, mais à partir d’une dose de 6 mSv/an, le personnel navigant bénéficie d’une surveillance médicale spécifique. "Cette limite est ramenée à 1mSv pour les femmes enceintes", précise Christophe Sambre.

L’agence fédérale de contrôle nucléaire surveille

Ces données collectées sont ensuite transmises à l’Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire (AFCN). Celle-ci collecte les données et informe les compagnies. "Il y a évidemment des risques à une exposition trop grande, raconte Cédric Van Caloen, porte-parole de l’Agence de Contrôle Nucléaire. Les personnes s’exposant fréquemment ont plus de risques de développer un cancer."

En 2018, une étude américaine publiée dans la revue Environmental Health affirmait qu’une exposition accrue aux rayons cosmiques chez les agents de bord des compagnies aériennes augmentait le risque de cancer en comparaison avec une population ayant le même statut socio-économique.

Alors ces rayons cosmiques posent-ils un problème pour la santé ? Tout dépend de leur intensité. Mais jusqu’ici aucun dépassement des doses d’exposition autorisées n’a été constaté par l’agence de contrôle nucléaire.
 

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