Voici la taxe automobile super-intelligente, anti-embouteillages… qui ne coûte rien

C’est une étude réalisée par l’université d’Anvers et la KU Leuven qui pourrait intéresser les négociateurs flamands, actuellement occupés à former un gouvernement (N-VA, Open Vld, CD & V). Cette étude indique qu’une simple taxe de 6,66€ maximum pour les conducteurs qui rouleraient aux heures de pointe matinales, entre 7h10 et 9h10, pourrait réduire la congestion automobile. Ainsi, dans cette tranche, un tarif progressif serait imposé au fur et à mesure qu’on approche de l’heure de pic, 8h30, où la taxe serait de 6,66€ avant de descendre progressivement et de disparaître à 9h10. Et en dehors des heures ? Aucune taxe.

On peut éviter les embouteillages en coordonnant le rythme de départ du domicile et la capacité de la route grâce à une taxe qui varie toutes les 5, 10, 15 minutes.

"On se rend compte que trop de voitures partent en même temps le matin et construisent l’embouteillage, mais qu’à partir d’un moment, le nombre de départ de la maison décroît et que l’embouteillage disparaît, pointe Stef Proost (KU Leuven), auteur de l’étude. Mais quand on y réfléchit, ce n’est pas du tout intelligent. On peut éviter les embouteillages en coordonnant le rythme de départ du domicile et la capacité de la route grâce à une taxe qui varie toutes les 5, 10, 15 minutes."

Mais d’aucuns pointent déjà une taxe supplémentaire. Faux, répond l’auteur de l’étude. "Oui, ceux qui veulent absolument arriver à 8h30, à l’heure où l’embouteillage est le plus important paieront le prix le plus élevé : 6,66€. Mais les autres, en fonction de leur budget, peuvent tout à fait partir plus tôt ou plus tard. Ensuite, cette taxe remplacerait les taxes actuelles (de mise en circulation et la taxe annuelle, ndlr). Enfin, on sait que les embouteillages coûtent de l’argent. Et plus le bouchon est important, plus cela coûte à l’automobiliste." Ainsi, les deux auteurs assurent que le coût global du déplacement n’augmente pour personne : le coût actuel de l’embouteillage est remplacé par le coût de la taxe. D’où l’idée d’adapter la taxe à l’heure de pointe, donc à l’embouteillage.

A la recherche d’une volonté politique

Les auteurs de l’étude ne nient pas que la publication est liée aux négociations flamandes. Le but est que l’idée arrive sur la table des discussions car il faudra évidemment une volonté politique. "C’est difficile à obtenir, reconnaît Stef Proost. Mais à Stockholm, en 2007, un gouvernement minoritaire a eu besoin d’un soutien extérieur à son gouvernement. Il a alors demandé le soutien des Verts qui ont exigé une mesure en retour : l’expérimentation de ce péage intelligent. Le test a eu lieu pendant 6 mois. Avant le test, une majorité des citoyens étaient contre, mais une majorité était pour après ces six mois. Aujourd’hui, la mesure est toujours en place et personne ne la remet en question."

Cette mesure s’adresserait à la Flandre dans un premier temps, mais elle à la disposition de tous les gouvernements qui voudraient s’en emparer et l’appliquer de la même manière.

 

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