Viva For Life: les enfants précarisés discriminés à l'école

Lieu d’apprentissage pour tous, l’école ne donnerait pas, selon certains parents précarisés,  les mêmes droits à chacun des enfants qui la fréquente. "Certains instituteurs sont préoccupés d'abord par l'enfant. Pour d'autres,  ce qui compte,  c'est le statut des parents" remarque, amère, cette maman. "L’enfant est de suite catalogué!"

Des propos certainement à nuancer, mais bien souvent, enfants et enseignants vivent dans des réalités de vie très différentes,  ce qui provoque inévitablement des incompréhensions.  Monique Couillard, animatrice d’ATD Quart Monde: "les enseignants ont beaucoup de mal à comprendre un milieu auquel au départ iils sont totalement étrangers et dont ils ne perçoivent pas les logiques, les ressorts profonds. Et donc, sans même qu’ils s’en rendent compte, l’enfant est mis complètement en porte-à-faux par rapport à l’école. Ce que ces enfants vivent n’a pas de place à l’école, n’est pas compréhensible pour les enseignants et donc, les enfants ne savent pas le dire, n’osent pas le dire".

L’ignorance de certaines caractéristiques culturelles entre parents, enseignants, enfants entraîne donc des obstacles lourds de conséquences. Parmi celles-ci, l'orientation de certains enfants vers l'enseignement spécialisé. Un enseignement dans lequel ils n'ont pas leur place. La plupart du temps, ils sont orientés vers le "Type 8", un enseignement destiné aux dyslexiques. Cette orientation est censée dispenser aux enfants des instruments que l'enseignement ordinaire ne leur donne pas. "Plusieurs professionnels l'admettent", reprend Monique Couillard, "ils proposent cette orientation pour répondre aux difficultés matérielles. On se dit: là, ils vont avoir plus de soutien, il y a du transport scolaire, il y a une meilleure prise en charge,... C'est une réponse immédiate qui peut sembler adéquate mais qui en fait est tout à fait significative d'une incompréhension profonde de la réalité".

C'est donc une série de bonnes et mauvaises raisons, toutefois inacceptables pour Bernard Devos, le délégué général  aux Droits de l'Enfant: "c'est d'une lâcheté incroyable! Imaginez qu'on tolère aujourd'hui un système scolaire qui est supposé apporter des réponses de qualité à tous les enfants et qu'on relègue - disons les choses comme elles sont - des enfants qui ne souffrent d'aucun handicap dans une forme d'enseignement qui devrait être réservé exclusivement à des enfants souffrant de handicap! C'est un scandale, il n'y a pas d'autres termes".

La faute à qui? Probablement à un système scolaire archaïque,  dans lequel il existe encore trop d'inégalités.

 

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