Viva for Life: la pauvreté, un phénomène transmis de génération en génération

On parle régulièrement de reproduction intergénérationnelle de la pauvreté, dans le sens où vivre dans la pauvreté, en tant qu'enfant, a un certain nombre de conséquences. De génération en génération, la pauvreté a tendance à se répéter, et cela même si des intervenants sociaux ont tenté d'aider les familles.

Le placement en institution, un parcours scolaire chaotique, la confrontation avec des intervenants sociaux... Autant d'éléments qui influenceront le comportement de ces enfants lorsqu'ils seront eux-mêmes parents.

Vanessa est de ceux-là. Maman de 3 enfants, tous placés, elle explique : "Je n'ai pas été élevée par ma maman, j'ai été placée dans un centre à 10 ans, jusqu'à mes 18 ans. À ce moment, j'ai pris un appartement, j'étais livrée à moi-même. Le rôle d'une maman, je ne connais pas. Avec mon premier enfant, je n'ai pas eu de lien maternel, dès sa naissance - il est né très tôt - on me l'a pris directement. Et après, je suis partie de l'hôpital, et je l'ai laissé là, et quand il est rentré à la maison, je le laissais dans son parc, je le lavais, je le changeais, je lui donnais à manger, c'est tout". Cette maman, comme d'autres, a connu des ruptures, au niveau du lien. Difficile de reproduire ce qu'on n'a pas connu.

Cercle vicieux

Françoise Dubois, référente maltraitance à l'ONE, travaille avec des infirmiers ou assistants sociaux, travailleurs médico-sociaux (TMS) : "C'est difficile de se dire qu'on a quelque chose de bon à donner à son enfant, quand on a vécu juste le contraire, quand on a été soi-même placé, quand on a eu des parents qui ont été pointés comme maltraitants, d'une manière ou d'une autre, ou déficitaires de je ne sais pas quoi... Après, ces enfants, ils grandissent et ils ont tout ça avec eux, dans leur sac à dos. Je pense qu'il faut, vraiment, aborder les choses différemment pour ces familles. Et c'est aux professionnels de trouver comment s'adapter à elles, pas l'inverse".

Les professionnels continuent à voir le fonctionnement de l'aide selon leur propre réalité, souvent aussi, simplement, par manque de temps. Impossible de nouer un lien de confiance avec ces familles. Et celles-ci connaissent les astuces pour éviter d'être orientées vers certains spécialistes, ou encore vers des services d'aide. Elles craignent des répercussions comme, par exemple, le placement de l'enfant en milieu d'accueil. Résultat : le refus de ces aides engendre des situations d'isolement et de repli sur soi. Un cercle vicieux qui ne pourra être rompu qu'avec plus de confiance, et de respect de soi.

 

 

 

 

 

 

 

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