Viva For Life: "De plus en plus de familles souffrent de la précarité"

Les nouveaux pauvres qui travaillent et les migrants, constituent une part très importante de la population pauvre chez nous.
Les nouveaux pauvres qui travaillent et les migrants, constituent une part très importante de la population pauvre chez nous. - © Tous droits réservés

Le coup d’envoi de l’opération Viva For Life a été donné hier soir à Nivelles. L'appel aux dons au profit des enfants qui vivent dans la pauvreté a été lancé. Comment est alloué cet argent? Bernard De Vos, délégué général aux droits de l’enfant, était ce matin au micro de la Première. 

"Cet argent va directement à une série d’associations qui travaillent au quotidien dans toutes les régions de la Fédération Wallonie-Bruxelles sur des projets particuliers qui viennent en aide à des enfants qui vivent au quotidien la pauvreté", explique Bernard De Vos.

"On a parfois tendance à oublier qu'on peut aussi éviter que les enfants souffrent des conséquences et des incidences de cette pauvreté. Cette série de services, qui sont des haltes-garderies ou des crèches, sont des lieux d’éveil à la psychomotricité, est importante pour ces enfants."

Rien ne s’arrange concernant la précarité ?

"Non, rien ne s’arrange", affirme-t-il. "Je pense que tout le monde en est malheureusement témoin. On a promis pour l’année 2020 l’éradication complète de la pauvreté. On sait bien qu’on est loin du compte. De plus en plus de familles, d'adultes et de personnes âgées souffrent de la précarité et de la pauvreté et les enfants sont loin d’être épargnés par ce phénomène."

Pouvez-vous nous donner un exemple de projet concret?

"Je suis très sensible à toute une série de projets qui travaillent dans des quartiers populaires à créer des lieux de rencontre et des lieux de vie où des parents peuvent confier leurs enfants, participer à une série d’activités avec eux et les découvrir sous un autre jour. J’ai toujours considéré que l’accueil de la petite enfance est une priorité. Aujourd’hui, on parle beaucoup des problèmes d’adolescents qui ont des difficultés pour accéder au marché de l’emploi, qui se manifestent parfois de manière un peu agressive dans les rues, etc. Fondamentalement, la question de l’éducation est quand même prioritaire et l’éducation commence le plus tôt possible. Tous les spécialistes s’accordent pour dire que l'on a tout intérêt à traiter le plus rapidement possible les questions de société."

Les enfants de migrants sont-ils également concernés?

"Oui, ce sont des enfants extrêmement fragiles. Jadis, quand on parlait de pauvreté, on évoquait surtout une certaine pauvreté intergénérationnelle, on parlait alors du quart-monde. Aujourd’hui, à côté de ces personnes, qui existent toujours et auxquelles il faut rester extrêmement attentif, on a vu se développer de nouvelles formes de pauvreté, 'the working poors ', les nouveaux pauvres et aussi les migrants, qui constituent une part très importante de la population pauvre chez nous.

On a vu se développer de nouvelles formes de pauvreté: 'the working poors'

Des enfants qui vivent à la rue et qui dorment dehors, c’est encore une réalité aujourd’hui à Bruxelles, dans une ville qu’on dit capitale européenne, une petite ville d’un million d’habitants qui pourrait être solidaire, qui pourrait être citoyenne, mais qui ne l’est pas encore assez, malgré tous les gestes extrêmement positifs qu’on voit depuis plusieurs semaines."

Ces enfants sont-ils reconnus par l’État ?

"Malheureusement, plusieurs ne le sont pas, un grand nombre ne l’est pas et vit dans des situations extrêmement précaires. Ils vivent de squat en squat,  avec des petites nuits un peu plus chaude, au Samusocial ou dans d’autres refuges. Mais leur vie est beaucoup trop peu structurée pour leur permettre d’avoir un développement positif et optimal. Ça veut dire pouvoir aller à l’école, être en bonne santé, etc., toute une série de garanties qui sont offertes par la Convention internationale et qui sont bafouées tous les jours, tous les matins et, pour moi, c’est un vrai souci dans tous les cas en tant que défenseur des enfants."

Face à ces enfants, la Belgique fait-elle son travail?

"Non, loin de là. La Convention des droits de l’enfant est le texte international le plus signé au monde. Tous les pays ont voulu montrer leur intérêt pour l’enfance. Mais quand on juge les efforts de chaque pays, on le fait en fonction du niveau de développement des pays. Ce qui est tolérable dans des pays d’Afrique subsaharienne ne l’est pas chez nous.

Imaginez que des enfants soient obligés de dormir dehors avec une terrible incertitude sur l’endroit où l'on dormira le soir, comment imaginer que des droits aussi essentiels que le droit à l’éducation ou le droit à la santé soient respectés ? C’est une chimère alors qu'on pourrait faire beaucoup mieux que ce qu’on fait aujourd’hui."

Si vous voulez participer à l’élan de solidarité pour les enfants en Fédération Wallonie-Bruxelles, vous pouvez faire un don par téléphone au 0 800/30 007 ou vous rendre sur le site vivaforlife.be

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