Viols, revenge porn… Le compte Twitter bruxellois #BalanceTonWilly recueille des centaines de témoignages par jour

Elle reçoit tous les jours entre 250 et 300 messages. Oui, chaque jour, 250 à 300 témoignages envoyés par des victimes de viol, d’agressions sexuelles ou de revenge porn. Cette jeune Bruxelloise de 20 ans a lancé "#BalanceTonWilly", un compte Twitter devenu en 5 jours un espace d’expression pour toutes ces victimes.

"J’ai grandi à Bruxelles et je n’ai que 20 ans, mais j’en ai déjà trop vu, j’ai déjà entendu trop d’histoires, nous confie la fondatrice qui a elle-même été victime de viol à 9 ans et, plus récemment, de revenge porn. La justice n’est pas efficace et ils le savent, ceux qui font subir tout ça. C’est presque devenu normal qu’une fille soit insultée, soit affichée sur les réseaux sociaux, soit violée. Rien ne se passe."

"Ils se sentent intouchables"

C’est une histoire de plus qui va la convaincre de créer #BalanceTonWilly. Car, Willy, c’est un faux nom qu’un homme utilisait sur les réseaux sociaux, et c’est lui qui sera le déclencheur.


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"C’était il y a tout juste une semaine, ce mec a donné rendez-vous à une fille dans sa voiture. Lorsqu’elle est entrée, il n’était pas seul, il y avait un autre homme. Il lui a proposé d’aller directement dans un hôtel, ce qu’elle a refusé. En échange de quoi, ils l’ont abandonnée sur une aire d’autoroute. Elle était coincée là, si bien que, quand ils sont revenus un peu plus tard, elle est montée avec eux. Ils l’ont ramenée dans un appartement et ont abusé d’elle."

"Ce témoignage a commencé à circuler sur Confiradio (un compte Instagram créé pendant le confinement, ndlr) et là je me suis dit, non, stop, c’est trop. Et les deux gars ont même réagi plus tard en vidéo en direct sur un réseau, à visages découverts. Ça montre qu’ils se sentent intouchables."

Aujourd’hui, avec l’aide de deux autres personnes, la Bruxelloise trie et traite 30 à 40 messages par jour, autant de témoignages qu’elle anonymise avant de les publier sur Twitter. "Impossible de tous les lire malheureusement."

Contact avec la police

En 5 jours, le compte rassemble plus de 7000 abonnés et attire aussi l’attention de la police bruxelloise. "Lorsque j’ai vu un message de la police, j’ai d’abord eu peur… Mais ils m’ont félicité en fait et m’ont poussé à encourager les victimes à porter plainte."


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Mais la créatrice de #BalanceTonWilly conclut : "Si une fille en vient à écrire à une inconnue sur Twitter pour raconter son histoire, c’est certes qu’il y a un besoin, mais c’est aussi bien souvent que son parcours auprès de la justice est difficile ou n’a pas abouti…".

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